Les services concernés du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche ont entamé, en coordination avec les différentes structures nationales et régionales, la mise en œuvre d’un plan d’action global destiné à assurer la réussite de la campagne de moisson et de collecte des céréales pour la récolte 2026.
Selon des données recueillies par l’agence TAP, ces préparatifs portent sur plusieurs mesures anticipatives, notamment la fourniture des intrants nécessaires au ficelage, le renforcement du dispositif de collecte, la prévention contre les incendies et la sécurisation des circuits logistiques de transport de la production.
Une récolte attendue pour réduire les importations
La Tunisie mise fortement sur la réussite de cette campagne, en particulier au niveau de la collecte, dans un contexte marqué par des indicateurs jugés prometteurs. Une bonne récolte pourrait contribuer à réduire les importations de céréales, notamment de blé et d’orge, et à alléger la dépendance vis-à-vis des marchés internationaux.
La consommation annuelle moyenne des Tunisiens en céréales est estimée à environ 30 millions de quintaux. Une part importante du blé tendre est importée pour être transformée en farine destinée principalement à la production du pain.
Selon le budget économique, la récolte céréalière de la saison 2025-2026 devrait atteindre environ 19 millions de quintaux, contre 20 millions de quintaux lors de la saison précédente.
Après plusieurs années marquées par la sécheresse, qui a fortement affecté les rendements, la Tunisie a renoué avec des niveaux relativement satisfaisants à partir de la saison 2024-2025, avec une récolte estimée à près de 20 millions de quintaux.
15 mille tonnes de ficelle nécessaires
Les besoins nationaux en ficelle agricole ont été fixés à 15 mille tonnes pour la campagne actuelle. Cette quantité se répartit entre 4 500 tonnes destinées au ficelage du fourrage et 10 500 tonnes pour le ficelage de la paille.
Dans ce cadre, les entreprises productrices se sont engagées à fournir une quantité globale d’environ 14 mille tonnes, afin de garantir le bon déroulement des opérations de récolte.
Prévention des incendies et contrôle des moissonneuses
Pour protéger les récoltes et prévenir les incendies, le ministère a mis en place un programme spécifique de nettoyage et d’aménagement des routes et pistes situées à proximité des champs de céréales et des exploitations agricoles dans les périmètres irrigués.
Cette opération est menée en coordination entre les ministères de l’Agriculture, de l’Équipement et de l’Intérieur.
Une vaste campagne de terrain doit également être lancée à partir de mai 2026 pour assurer le réglage des moissonneuses-batteuses. Environ 2 750 machines sont concernées par la campagne, qui vise à régler plus de 1 300 moissonneuses afin de limiter les pertes lors de la récolte.
Ce dispositif sera accompagné d’un programme d’information et de sensibilisation comprenant la diffusion quotidienne de spots télévisés, l’organisation de 17 journées régionales et de 50 séances pratiques sur le terrain au profit des techniciens et des producteurs, entre le 7 mai et le 18 juin 2026.
200 centres de collecte pour une capacité de 8 millions de quintaux
Concernant le dispositif de collecte, la liste des centres agréés a été validée. Leur capacité globale de collecte est estimée à environ 8 millions de quintaux, répartis sur près de 200 centres.
Les commissions régionales et la commission technique relevant de l’Office des céréales ont entamé les opérations de contrôle afin de vérifier la conformité de ces centres aux conditions techniques requises avant le démarrage de la saison.
Le ministère a également activé l’arrêté ministériel n°992 relatif à l’agrément des laboratoires d’étalonnage des céréales. Un programme de visites périodiques sur le terrain a été convenu afin de garantir la transparence et la qualité des opérations de calibrage.
Un dispositif logistique pour fluidifier le transport
Afin d’assurer la fluidité du transport de la récolte depuis les centres de collecte vers les minoteries et les silos centraux, le ministère a mis en place un programme logistique s’appuyant notamment sur le transport ferroviaire.
Ce programme prévoit la mobilisation de 60 wagons sur voie large et de 38 wagons sur voie métrique pour transporter les céréales à partir des gouvernorats de Béja, Jendouba et Bizerte, ainsi que pour accompagner le déchargement des navires de blé tendre dans les ports de Sfax et de Radès.
Le transport routier sera également mobilisé à travers 400 camions dans le cadre d’une convention contractuelle avec l’Office des céréales. À cela s’ajoutent 9 camions relevant de l’Office, destinés aux opérations d’évacuation sur de courtes distances à partir des centres du Grand Tunis.
Calendrier de suivi et surfaces emblavées
Selon le calendrier fixé, la liste définitive des collecteurs et des centres de collecte sera arrêtée au cours de la troisième semaine de mai 2026. Le versement des avances financières au profit des sociétés coopératives a démarré à la fin du mois d’avril.
La superficie finale emblavée en céréales a atteint environ 991 mille hectares sur un programme global de 1,145 million d’hectares, soit un taux de réalisation de 87 %.
Ces superficies se répartissent entre environ 834 mille hectares dans les gouvernorats du Nord et 157 mille hectares dans les gouvernorats du Centre et du Sud, dans un contexte où les autorités appellent à poursuivre la fertilisation azotée et la lutte contre les maladies fongiques.
Selon les données obtenues par la TAP auprès des services du ministère de l’Agriculture, les superficies emblavées se répartissent comme suit : 533 mille hectares de blé dur, 49 mille hectares de blé tendre, 400 mille hectares d’orge et 9 mille hectares de triticale.
Vers une stratégie d’autosuffisance céréalière
Le ministère de l’Agriculture a mis en place une stratégie globale visant à renforcer l’autosuffisance en céréales, notamment en blé dur et en orge.
Cette orientation intervient dans un contexte marqué par les défis climatiques, les pressions sur les ressources hydriques et les perturbations des marchés mondiaux, qui imposent à la Tunisie de consolider sa sécurité alimentaire et de mieux maîtriser ses besoins en importations.