TUNISIA REPUBLIC | MINISTRY OF AGRICULTURE, HYDRAULIC RESOURCES AND FISHING

TUNISIA REPUBLIC

La destruction de la biodiversité et la dégradation de notre alimentation ont favorisé la propagation du coronavirus. Cette crise sanitaire est un appel pressant à réajuster notre rapport à la nature. la Commission européenne, en peine crise du coronavirus, a adopté une nouvelle stratégie en faveur de la biodiversité et «de la ferme à la table ». Elle vise à garantir l’accès à une alimentation saine et encourager la transition vers une agriculture plus durable, et a fortiori en faire un élément clef du plan européen de relance.Cette crise que nous traversons doit aussi nous inciter à la réflexion en Tunisie afin de permettre le développement d’une « nouvelle révolution verte». 
La Commission européenne préconise de transformer, d’ici 2030, au moins 30% des terres et des mers d’Europe en zones protégées gérées et qu’un tiers soit strictement protégé. L’accent est mis sur les forêts primaires, qui seront cartographiées et feront l’objet d’une surveillance particulière. Autre mesure : planter trois milliards d’arbres. La feuille de route recommande de « rendre à la nature » 10 % des surfaces agricoles et de mettre en place « d’ambitieux plans de verdissement urbains ». Quant à la restauration des écosystèmes, et en vue de la faible mise en œuvre de la stratégie antérieure (de 2011) par les États membres, la Commission est décidée à rendre les objectifs contraignants. Au total, l’Exécutif européen souhaite que 20 milliards d’euros par an soient dévolus, aux niveaux européens et nationaux, à la défense de la biodiversité.
Quant à l’agriculture, qui émet aujourd’hui 10% des gaz à effet de serre, la stratégie «de la ferme à la table » vise à enclencher un mouvement vers « l’agriculture du XXIe siècle », centrée sur une alimentation saine et soutenable. La Commission liste 27 actions concrètes, comme par exemple, réduire de 50% l’usage des pesticides chimiques, de 20% celui des engrais, et faire passer la part de l’agriculture biologique de 8% à 25% des terres agricoles. Quant aux antibiotiques pour les animaux d’élevage et l’aquaculture, c’est une baisse d’au moins 20% qui est visée. Il est également prévu d’aborder la question des déchets alimentaires et de rendre obligatoire l’étiquetage alimentaire dans toute l’Union européenne d’ici deux ans.
Selon un rapport de la FAO, notre pays comptait entre 2016 et 2018 500.000 sous-alimentés ainsi que 2,3 millions d’obèses. Ce constat global est alarmant.
Le choix des variétés hybrides, la mécanisation et l’utilisation croissante et abusive d’intrants les piliers sur lesquels s’est fondée l’augmentation de la productivité agricole relative. Sur le long terme, le stress hydrique, la mauvaise gestion des ressources aquifères, la mauvaise distribution des terres domaniales et la pollution due à l’utilisation massive des pesticides sonneront irrémédiablement le glas du secteur agricole. En 2019, les semences tunisiennes, mieux adaptées aux climat, sol et écosystème locaux, ne représentaient plus que 5% de l’ensemble des semences, contre 25% en 2004 et 65% en 19756. Face au désinvestissement des agriculteurs vis-à-vis de l’évolution du vivant et l’externalisation de la filière des semences, il est nécessaire de se réapproprier les choix et les savoir-faire liés au travail technique de la semence. En outre, le secteur agricole a souffert du manque de fertilisants chimiques, comme l’ammonitrate.
L’agritech est une véritable révolution qui change radicalement la réalité du secteur agricole. De nos jours, une armada d’outils est disponible pour venir en aide à l’agriculteur qui souhaite rationaliser ses ressources hydrauliques, cesser les épandages de produits toxiques ou encore éviter de poser des accessoires onéreux et parfois inefficaces pour lutter contre les ravageurs.
En effet, des caméras thermiques peuvent être installées pour détecter les plantes qui souffrent de stress hydrique afin de mieux cibler l’irrigation. 
Nous avons également observé l’apparition des drones pour surveiller les champs et éloigner les oiseaux ravageurs ou encore des robots désherbants pour se dispenser de certains produits chimiques. Cette activité peut également être effectuée par des automates. Une multitude de capteurs peuvent, en temps réel, offrir des informations sur toute une exploitation (température, humidité, mouvements, état de la production…) et les prévisions météo. 
 Certaines réformes simples peuvent avoir un impact majeur sur les rendements du secteur agricole, le marché de l’emploi, la balance commerciale et le rayonnement régional de la Tunisie. Les innovations scientifiques seront décisives, et leur efficacité dépendra de la capacité qu’on aura à les intégrer dans des démarches concrètes.L’avenir de l’agriculture tunisienne est certainement dans la fusion d’une tradition plurimillénaire et de l’innovation technoscientifique avec sa myriade de nouveaux procédés disruptifs.

source:realites.com.tn