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TUNISIA REPUBLIC

(Agence Ecofin) - Dans le cadre de sa stratégie en faveur de la biodiversité et des forêts à l’horizon 2030, l’UE a adopté depuis 2023 une loi relative à l’élimination de la déforestation. Si la pertinence du texte est largement admise, le processus de mise en œuvre connaît depuis plusieurs rebondissements.    
La Commission européenne (CE) cherche à obtenir un nouveau report d’un an de l’entrée en vigueur de la loi visant à interdire les importations de produits de base comme le cacao, le café, le soja, l’huile de palme, le bois et la viande provenant de terres déboisées (EUDR).  L’annonce a été faite mardi 23 septembre par Jessika Roswall (photo), Commissaire européenne à l’Environnement.
Ladite réglementation prévue pour entrer en vigueur vers la fin 2024 avait déjà été repoussée au 30 décembre 2025 sous la pression de certains partenaires commerciaux (USA, Brésil et Indonésie notamment) ainsi que de la CE qui mettait en avant le manque de préparation des partenaires internationaux pour se conformer aux exigences dans les temps impartis.
Pour justifier cette fois-ci un nouveau report pour la fin 2026, la responsable souligne la nécessité de prendre du temps pour préparer le « système informatique » de surveillance des forêts à la quantité importante d’informations qui y seront introduites dans le cadre de l’application effective de la loi.  
« Il y a beaucoup d'informations provenant de l'industrie et des entreprises dans un court laps de temps. C'est cette surcharge que nous voyons comme un risque, et c'est pourquoi nous avons besoin de ce temps supplémentaire pour voir comment nous pouvons résoudre ce problème », souligne-t-elle dans des propos rapportés par Reuters.
Parmi les données que sont tenues de fournir les entreprises figurent les coordonnées géographiques ainsi que des images satellitaires des territoires où elles s’approvisionnent afin de garantir que les produits ne proviennent pas de terres déboisées.  
Si cette proposition de report doit être encore approuvée ou non par les États membres et le Parlement, elle est déjà perçue par certains comme un revers dans le cadre de la volonté du bloc de lutter contre la déforestation mondiale à laquelle elle participe à hauteur de 10 % via sa consommation.
Pour les pays africains, la perspective d’un nouveau délai permettrait de peaufiner les stratégies nationales de traçabilité et de mieux se préparer à l’entrée en vigueur de la mesure, en collaboration avec les entreprises étrangères qui s’approvisionnent localement.
Il faut rappeler que dans une déclaration signée à Abidjan vers la fin septembre 2024, les pays producteurs de cacao avaient notamment demandé à l’UE une période de deux ans supplémentaires pour se conformer à la Loi.

source:agenceecofin.com