Les technologies de gestion des nutriments du projet ECONUTRI, financé par l’UE, contribuent à réduire la dépendance à l’égard des engrais, à éliminer la pollution des aquifères et à ouvrir la voie à des systèmes agricoles plus résilients.
La pollution par les nutriments est l’un des défis environnementaux les plus pressants de l’agriculture. L’excès d’azote et de phosphore provenant du fumier, du lisier et des engrais synthétiques surfertilise les sols et contamine l’eau et l’air, contribuant ainsi à la perte de biodiversité, à l’eutrophisation et au changement climatique. Le projet ECONUTRI(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) s’attaque à ce problème avec 24 technologies et solutions naturelles qui minimisent, voire éliminent, les pertes d’azote et de phosphore du sol. Les résultats s’alignent sur l’objectif du pacte vert pour l’Europe de réduire les pertes de nutriments de 50 % d’ici à 2030.
Stopper les pertes de nutriments
Depuis son lancement en 2022, le projet a développé et validé dix technologies différentes conçues pour diminuer les pertes d’azote et de phosphore provenant des biodéchets. «La couverture systématique de toutes les étapes critiques de la perte de nutriments tout au long de la chaîne de production agricole et de gestion des biodéchets, y compris le stockage du fumier et du lisier, la digestion anaérobie, la séparation du digestat, les processus de compostage et l’épandage sur le sol, constitue une réalisation majeure», commente Dimitrios Savvas, professeur à l’université d’agriculture d’Athènes (AUA), qui coordonne le projet. «Grâce à cette approche intégrée, nous montrons qu’il est possible de faire considérablement baisser les émissions de nutriments tout en récupérant, en stabilisant et en valorisant les nutriments des déchets de biomasse en les convertissant en produits à valeur agronomique.»
En ce qui concerne la gestion de la biomasse provenant des étables, les principaux résultats comprennent l’acidification du lisier animal avec du soufre pour réduire les émissions d’ammoniac, avec des réductions de 30 à 35 % enregistrées pendant le stockage et le compostage, tout en améliorant la rétention de l’azote. La précipitation de la struvite dans la fraction liquide du biodigestat a également permis d’obtenir des taux élevés de récupération des nutriments, en particulier du phosphore et de l’ammonium, avec des taux de récupération allant jusqu’à 92 % pour le phosphate et 66 % pour l’ammonium. Parmi les autres réalisations, citons une meilleure stabilisation des nutriments au cours du compostage grâce à des inoculums microbiens bénéfiques sélectionnés et la correction des rapports azote/phosphore déséquilibrés dans les engrais dérivés des biodéchets, un problème critique dans les régions à forte densité de bétail.
Source: https://cordis.europa.eu/