Le prix des engrais grimpe fortement. C’est une des conséquences de la guerre au Moyen Orient et du blocage du détroit d’Ormuz. Il n’y a pas que le pétrole qui passe par là : un tiers du trafic mondial d’engrais emprunte ce couloir maritime. La hausse des prix des engrais aura-t-elle aussi un impact sur le prix de nos aliments en rayon ?
Nous avons rendez-vous avec Florian Poncelet. Ce matin-là, l’agriculteur, qui est aussi président de la FJA (la Fédération des jeunes agriculteurs), est venu faire le plein d’engrais. Avec la pluie de ces dernières semaines, tout a été décalé. "Février a été fort humide, raconte-t-il. On commence seulement à avoir accès aux champs. Et c’est le moment d’aller mettre l’engrais, donc azote, potasse, phosphore, sur les céréales, sur le colza, sur les prairies."
Le hic, c’est qu’à présent, il devra payer son engrais plus cher : entre 10 et 20 euros en plus, par tonne. C’est la conséquence directe du conflit au Moyen-Orient. "Depuis lundi, on a des risques de manque d’approvisionnement, des risques de surcoûts sur les transports, s’inquiète Thomas Hartman, technico-commercial chez le fournisseur d’engrais Bilagri. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, le marché est très incertain, on s’attend à des hausses dans les jours qui viennent."
Cette incertitude ne rassure en rien les cultivateurs de céréales et de pommes de terre qui voient leurs coûts de production augmenter. Or, les stocks européens d’engrais couvrent seulement la moitié des besoins pour les récoltes de cette année. Mazout, énergie en général, intrants, tout cela augmente. "C’est clairement dur pour le métier", regrette Florian Poncelet.
Reste à savoir dans quelle mesure ces augmentations de coût auront une répercussion sur les prix des aliments, dans les magasins. "La viande reste un commerce plus interne au pays, donc ça va jouer beaucoup moins rapidement, rassure Antoine Collin, agriculteur, vice-président des FJA. Mais tout ce qui relève du commerce international, au niveau des céréales et du lait, ce sont des marchés qui sont plus impactés par ce genre d’événements. Il y a des chances que dans les semaines à venir, on voit une hausse de prix".
La hausse des prix sera peut-être bénéfique pour les agriculteurs, moins pour les consommateurs.
source: rtbf.be