Le secteur de l’élevage avicole en Tunisie subit de lourdes pertes en raison de la vague de chaleur persistante et des coupures répétées d’électricité, une situation qui a provoqué une forte mortalité dans les élevages et une baisse importante de la rentabilité.
Salah Toumi, membre de la Fédération nationale de l’aviculture et président de l’Union locale de l’agriculture à Dar Chaâbane El Fehri, dans le gouvernorat de Nabeul, a affirmé, dans une déclaration accordée à Diwan FM, que la filière des poulets de chair traverse une situation « exceptionnelle et extrêmement difficile ».
Des coupures pouvant atteindre 15 heures
Selon Salah Toumi, l’élevage avicole repose largement sur l’électricité pour faire fonctionner les systèmes de ventilation et de refroidissement indispensables à la survie des volailles, particulièrement en période de forte chaleur.
Il a expliqué que les groupes électrogènes de secours ne parviennent plus à compenser les coupures répétées de courant, qui peuvent parfois durer jusqu’à 15 heures consécutives.
Cette situation fragilise fortement les exploitations, dont le fonctionnement dépend de manière quasi industrielle d’une alimentation électrique continue.
Chaleur et humidité : une combinaison fatale
Le responsable a également souligné que la hausse exceptionnelle des températures, combinée à un taux d’humidité pouvant atteindre 100 % à l’intérieur des poulaillers, a entraîné des phénomènes d’étouffement et la mort d’un nombre important de volailles.
Ces pertes se répercutent directement sur la production et aggravent les difficultés financières des éleveurs, déjà confrontés à des coûts de production élevés.
Un manque de mécanismes de régulation dénoncé
Salah Toumi a par ailleurs critiqué l’absence de mécanismes d’intervention permettant à l’État de retirer les excédents du marché pendant les périodes de forte production afin de constituer un stock régulateur stratégique.
Un tel dispositif permettrait, selon lui, d’amortir les conséquences des crises climatiques et des fluctuations de production.
Il a rappelé que les éleveurs avaient déjà été contraints, lors de précédentes périodes d’excédent, de vendre leur production à des prix nettement inférieurs au coût de revient, sans bénéficier d’un soutien suffisant ni d’une stratégie claire de protection de la filière.
Appel à une stratégie urgente pour protéger le secteur
Le responsable a appelé les autorités et les différents ministères concernés à engager rapidement un dialogue avec les professionnels du secteur afin d’élaborer une stratégie claire tenant compte des changements climatiques.
Il a notamment insisté sur la nécessité de garantir un approvisionnement régulier en électricité aux élevages avicoles et de mettre en place des mécanismes capables de protéger les producteurs en période de crise.
Salah Toumi a enfin averti que les éleveurs ne pourront pas continuer à supporter de telles pertes au cours des prochaines saisons, estimant que la répétition de ces difficultés pourrait menacer l’ensemble du système de production avicole en Tunisie.
source: tunisienumerique.com