La production de figues de Barbarie à Kasserine pourrait tomber à environ 100.000 tonnes en 2026, contre près de 250.000 tonnes la saison précédente, soit une baisse théorique d’environ 60%. Cette estimation, avancée par des professionnels du secteur, n’a toutefois pas encore été confirmée par un bilan officiel définitif.
Dans le bassin de Zelfane, qui couvre notamment Thala, Foussana et El Ayoun, la progression de la cochenille menace désormais une activité agricole essentielle pour l’économie locale. Plusieurs producteurs appellent à une intervention plus rapide des autorités pour traiter les plantations encore récupérables et limiter l’extension des foyers.
Selon Mohamed Rochdi Bennani, président de l’Association nationale de développement du figuier de Barbarie, les dégâts sont déjà importants et pourraient peser davantage sur la campagne 2027 si les opérations de lutte restent insuffisantes. Il critique notamment la lenteur des procédures de traitement, d’arrachage des plantations fortement infestées et de mise en œuvre des marchés publics.
L’enjeu dépasse la seule récolte. Kasserine concentre environ 100.000 hectares de figuiers de Barbarie selon les données sectorielles disponibles. La filière soutient des milliers d’emplois et alimente aussi des activités de transformation, notamment les huiles, les produits cosmétiques et les dérivés alimentaires.
La lutte contre la cochenille est déjà engagée au niveau national. Les autorités ont recours à plusieurs approches, dont la lutte biologique par lâchers de coccinelles et le recours à des variétés plus résistantes. Des agriculteurs estiment toutefois que la couverture reste inégale selon les zones.
La question centrale est désormais celle de la capacité productive qui pourra être préservée pour 2027. Si la baisse actuelle se confirme et si les superficies infestées continuent de progresser, la crise pourrait passer d’une mauvaise campagne agricole à une dégradation durable de toute une filière rurale.
Chiffres clés : environ 100.000 tonnes estimées en 2026, contre 250.000 tonnes auparavant ; près de 60% de baisse théorique ; environ 100 000 hectares de plantations à Kasserine.
À surveiller : l’évolution des superficies infestées, l’efficacité des traitements, l’extension de la lutte biologique et le rythme de replantation avec des variétés résistantes.
source: webmanagercenter.com