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La Corse est en alerte pour protéger ses oliviers contre une bactérie tueuse venue d'Italie, la Xylella Fastidiosa, qui a déjà fait des ravages dans les Pouilles et menace tout le verger méditerranéen.
La Xylella Fastidiosa provoque le dépérissement des oliviers, mais aussi de quelque deux cents espèces végétales, comme le lierre et le laurier rose, en se transmettant par l'intermédiaire d'insectes piqueurs-suceurs, tels que la cicadelle. La présence de la bactérie dans l'arbre ne se manifeste qu'au bout de plusieurs mois. Elle attaque d'abord à la cime du feuillage, puis descend progressivement vers le tronc pour infecter l'arbre en entier, mais aussi les arbres voisins.
L'alerte a été lancée à la fin de l'été par des oléiculteurs soutenus par la coalition nationaliste Femu a Corsica (Faisons la Corse) et informés des ravages de la bactérie dans les Pouilles. Quelque 30.000 hectares d'oliveraies ont déjà été détruits dans cette région méridionale de la péninsule. 50 millions d'oliviers risquent de mourir en Italie et le fléau menace toute l'Europe méridionale.
A la différence de l'infestation du cynips, venue de Chine, qui ravage la châtaigneraie insulaire, les pouvoirs publics se sont rapidement mobilisés pour mettre en œuvre des mesures de prévention en contrôlant notamment l'importation de végétaux.
Des arrêtés des préfets de Corse-du-Sud et de Haute-Corse ont prévu des mesures complémentaires de contrôle sur les végétaux introduits par voie maritime et aéroportuaire et sur les lieux de ventes fixes et itinérants. Est notamment visée la vente sur le domaine public, notamment à l'encontre de nombreux marchands non déclarés venus de Sardaigne et d'Italie continentale et installés le long des routes corses. Une première suspicion avait été écartée après analyses, en mars dernier dans l'île où les services de l'État et les professionnels restent vigilants face à tout dépérissement suspect de végétaux. 
Un blocus pour sauver la Corse
L'Office de développement agricole et rural de la Corse (Odarc) estime que " la situation dans les Pouilles n'est plus sous contrôle. Et les autres régions italiennes sont menacées et, à terme, très probablement, l'ensemble du bassin méditerranéen. Les mesures pour tenter d'éradiquer l'épidémie sont sans doute trop tardives et insuffisantes ". Estimant que la Corse est " très exposée ", la seule solution serait de geler la circulation des végétaux " en imposant une sorte de " blocus ". 
La Commission européenne a déjà décidé cette année de renforcer la surveillance et de mettre en œuvre au plan européen, les restrictions de mouvement des végétaux. Elle a instauré un statut de " zone protégée " dans certaines régions dans lesquelles le contrôle repose sur des passeports phytosanitaires délivrés aux pépiniéristes producteurs par les autorités compétentes, des contrôles réguliers sur le terrain et la surveillance du territoire.
Source : AFP