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Le Conseil International des Céréales (CIC) prévoit une augmentation de la production mondiale de blé de plus de 30 millions de tonnes d’ici 2020. Un objectif tout à fait réaliste compte tenu du niveau des récoltes déjà engrangées au cours des deux dernières campagnes 2013/2015.
Produire plus de 2 milliards de tonnes de céréales (blé, orge, maïs) dans le monde : un exploit en 2014/2015 mais qui sera commun dans les toutes prochaines années. En 2020, la planète devra récolter plus de 2,067 milliards de tonnes de céréales pour répondre à la demande mondiale.
Cette année, un retour à la normale était attendu, avec des productions en recul par rapport à 2014/2015.
Mais pour le blé, il en sera autrement : le CIC a revu à la hausse, fin mai, ses dernières estimations. La production mondiale atteindrait 715 millions de tonnes (Mt), soit un niveau proche de la précédente récolte et suffisant pour couvrir la demande mondiale d’ici juillet 2016, ce qui n’était pas encore envisageable il y a encore quelques semaines.
HAUSSE ANNUELLE DE 8 MT

Même si le seuil des 700 Mt sera de nouveau franchi, les prévisions tablaient, fin avril, sur 705 Mt, générant alors un déficit de production de 6 Mt. Et il aurait alors été en partie compensé par une baisse des stocks mondiaux au cours des prochains mois pour équilibrer l’offre à la demande et pour nourrir les animaux, par des reports sur les autres céréales.
D’ici 2020, la production mondiale de blé serait de 732 Mt, selon le CIC après avoir crû de 8 Mt par an en moyenne au cours des cinq années précédentes. Cette hausse serait d’abord liée à une augmentation des rendements de 0,9 % par an. Ils atteindraient alors 3,2 tonnes par hectare.
La hausse de la production mondiale de blé serait observée dans les pays actuellement déficitaires en vue de renforcer leur sécurité alimentaire. Les marges de progrès sont très importantes. Les rendements moyens entre les pays les plus productifs et les moins productifs varient d'un à six.
En revanche, la surface mondiale cultivée en blé n’augmenterait que de 2 millions d’hectares (soit + 1 %) au cours des cinq prochaines années.

LA PRESSION DÉMOGRAPHIQUE, MOTEUR POUR LA CONSOMMATION
D’ici 2020, la production des huit principaux exportateurs (Argentine, Russie, Ukraine, Usa, Europe, Australie, Canada, Kazakhstan) atteindrait péniblement le seuil de 370 Mt en progressant d’à peine 2 Mt par an.
Mais la Chine et l’Inde resteront les deux principaux pays producteurs mondiaux de blé de la planète (226 Mt pour les deux pays) même si leur production augmentera modestement : à peine 11 Mt en cinq ans.
Aussi, il est exclu d’imaginer que ces puissances économiques deviennent des acteurs majeurs sur le marché mondial dans les prochaines années. Leurs échanges commerciaux n’excèderont pas 10 Mt de céréales (blé, maïs) par an.
D’ici 2020, l’augmentation de la production mondiale de blé se traduira surtout par son incorporation plus importante dans la fabrication d’aliments pour animaux. Mais le niveau de consommation de blé destiné à l’alimentation animale dépendra, au cours de chaque campagne, de son rapport qualité/prix par rapport aux cours du maïs et de l’orge.
En revanche, le blé destiné à l’alimentation humaine n’est pas une céréale substituable. La hausse de la consommation mondiale progressera continuellement d’ici 2020, quels que soient la conjoncture économique et l’état d’approvisionnement des marchés. En effet, le moteur de la croissance de la consommation est, au niveau mondial, la pression démographique et l’évolution des habitudes alimentaires.

IMPACT LIMITÉ SUR LES ÉCHANGES COMMERCIAUX
Dans tous les cas de figure, la croissance de l’offre mondiale serait suffisante pour couvrir la demande d’ici 2020. En témoigne le niveau des stocks en fin de campagne qui flirterait avec les 190 Mt, soit 26 % de la consommation mondiale. Alors qu’en maïs, un tout autre scénario se dessine puisque les stocks de fin de campagne baisseraient fortement au cours des cinq prochaines années.
Concernant les échanges commerciaux au niveau planétaire, le CIC ne prévoit pas de chamboulements majeurs au cours des cinq prochaines années.
Les quantités de blé produites en plus dans chaque pays serviraient d’abord à couvrir la demande de la consommation intérieure. Le commerce mondial du blé stagnera et portera sur 150 Mt environ, soit 30 % des 500 Mt produites par l’ensemble des pays de la planète, hors Chine et Inde.
Les huit principaux exportateurs de blé vendront, à eux-seuls, 141 millions de tonnes en 2019/2020 (ce qui représentera 38 % de leur production) contre actuellement 137 Mt.

Source : Terre-net