« La Tunisie est en train de traverser son ralentissement le plus prolongé depuis plusieurs décennies. Tout comme 2011, année de la Révolution, cette année 2015 sera sauvée par une bonne saison agricole (d’huile d’olive en l’occurrence). C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par le département recherches et études relevant du portail d’informations financières, Tustex.
Selon l’étude, la grave crise que traverse la Tunisie n’a évidemment pas pu résoudre les problèmes du marché du travail. Selon les derniers chiffres publiés par l’INS, le nombre des chômeurs dépasse aujourd’hui les 600 mille personnes, soit 15% de la population active et serait même deux fois plus élevé (30%) parmi les jeunes diplômés du supérieur.
Le taux de chômage a décliné comparativement au lendemain de la Révolution (fin 2011/début 2012) où il effleurait les 20%, une baisse en grande partie absorbée par l’administration qui a été un important gisement d’emplois. Sans les 70 mille recrutements nets dans le secteur public, ce taux aurait persisté à 18%.
L’investissement a fait du surplace depuis 2010. Une « résistance » qui retomberait d’un cran (-15%) si l’on tenait compte de l’effet de l’inflation pour les investissements locaux et de l’effet change pour les IDE. « Avec une enveloppe d’à peine 16 milliards de DT, ne dépassant pas 20% du PIB et qui stagne depuis trois ans, la Tunisie est bien à la traîne en matière d’investissement. Sans doute accentuée par la Révolution, cette carence ne date pas d’hier car même dans ses années « phare », notre économie affichait un taux d’investissement de seulement 25% du PIB », a noté l’étude.
La relance de l’investissement, souligne l’étude, ne pourrait se faire par la baisse des taux d’intérêt, au risque de voir l’inflation ressurgir de plus belle. « La seule manœuvre possible pour le gouvernement est donc de restaurer le moral des investisseurs car l’investissement, c’est avant tout une question de confiance », lit-on dans l’étude.
S’agissant du secteur public, l’étude a montré que ce dernier ne donne pas l’exemple. Freiné par sa machine administrative, le gouvernement n’arrive pas à déployer l’enveloppe d’investissement promise. « Sur une enveloppe annuelle de 5 milliards de dinars, l’Etat n’en décaisse réellement que la moitié chaque année. Du coup, les fonds qui ne sont pas mis à contribution dans les projets de développement sont détournés vers les dépenses courantes et non productives notamment les salaires ».
Une orientation pour le moins court-terme cherchant à étouffer les tensions sociales au détriment de l’investissement, seul créateur de richesses à long terme et dont les séquelles sur les finances publiques sont sans appel.
La détérioration de la situation extérieure est due principalement à l’aggravation du déficit commercial (export/import) qui a dépassé en 2014 les 13 milliards de dinars.
C’est ainsi qu’il a été appelé, dans cette étude, à s’attaquer, sérieusement, aux chantiers économiques et sociaux. Et le mot d’ordre pour la sortie de crise tient dans la relance de l’investissement, car sans investissement, il n’y aura pas de reprise durable à moyen terme.
Il serait, toutefois, possible, selon l’étude, que cette problématique puisse être réglée sur les deux prochaines années mais ses graines doivent être semées aujourd’hui. […]
Source : AfricanManager