الجمهورية التونسية | وزارة الفلاحة والموارد المائية و الصيد البحري

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Dans le cadre de la PAC, l’Union Européenne (UE) adoptait le régime des quotas laitiers depuis 1984 pour stabiliser la production laitière afin de limiter l’effondrement du prix du lait et du beurre. C’était un outil de « maitrise de gestion de l’offre » pour que le marché puisse supporter la concurrence des prix du marché mondial. 

Cette mesure a subi plusieurs ajustements depuis son application et a permis de baisser considérablement les dépenses communautaires pour le stockage d’intervention ainsi que pour les restitutions à l’exportation et les aides à la consommation interne.

Chaque état dispose d’un contingent de volume de lait à produire « référence nationale de production » si les producteurs dépassent ce contingent ils doivent payer un prélèvement supplémentaire ou pénalité laitière par litre excédentaire.

Selon les derniers chiffres publiés par l’UE  « environ 650 mille exploitations produisent du lait pour une valeur de 55 milliards d’euros et les entreprises qui produisent des produits laitiers emploient 300 mille personnes ».  
L’UE a connu deux très bonnes années (depuis 2012-jusqu’au début 2014) avec des prix historiquement hauts 390 euros/tonne (janvier 2014). Les producteurs de lait ont ensuite affronté une très forte baisse des prix. lorsque le secteur laitier a connu une situation de surproduction à l’échelle mondiale où l’UE y a largement contribué. En effet ; encouragés par une forte demande et des prix rémunérateurs, tous les pays producteurs européens ont accru leur production malgré les pénalités qu’ils risquent d’encourir.
Fin 2014 et 2015, la situation s’est aggravée par la  baisse des achats chinois et par l’embargo de la Russie sur les produits alimentaires européens. 

Les importations chinoises de poudre de lait écrémé ont régressé de 57% en  décembre 2014 par rapport au même mois de 2013.La Chine aurait choisi d’exploiter ses stocks. Par ailleurs, l’embargo russe a conduit à une forte contraction des exportations européennes de fromage au cours du deuxième semestre de 2014. La demande de la Russie en produits importés était également plombée par l’effondrement du rouble. 

Le 1er avril 2015 a été la fin de trois décennies de quotas laitiers européens. Depuis cette date, seules les forces du marché doivent déterminer les quantités à produire dans l’Union Européenne. Cette abolition avait pour objectif initial de répondre à la demande croissante en produits laitiers surtout celle de l’Asie et de l’Afrique que les quotas empêchaient de satisfaire d’autant plus que l’embargo russe a imposé la recherche de nouveaux marchés pour l’exportation.

Depuis cette date, le lait excédentaire a encombré le marché européen et a fait chuter les prix dans toute la filière causant la colère des éleveurs. Cette  situation devrait prochainement s’élargir aux Pays-Bas, au Danemark et à Allemagne. 

Pour palier ces excédents laitiers, la Commission européenne a proposé de racheter la poudre de lait pour diminuer la pression qui pèse sur le marché européen. Toutefois, les volumes rachetés ont été estimés insuffisants et les prix de rachat beaucoup trop bas pour soutenir le prix du lait payé aux producteurs.

Faisant suite au rallongement d’une durée de six mois des sanctions économiques européennes à l’égard de la Russie ; les autorités Russes ont décidé le 24 juin 2015 la prolongation de l’embargo sur les produits alimentaires en provenance de l’UE jusqu'au 05 août 2016. Les mesures d’urgence prises auparavant par Bruxelles pour aider le secteur agricole notamment le marché du lait. (intervention publique et aide au stockage privé pour le beurre et le lait écrémé en poudre) ) devraient par conséquent se poursuivre jusqu' au 29 février 2016 alors qu’elles auraient du s’arrêter au 30 septembre 2015.

Source : onagri d’après europa-le monde-échos