Le Conseil international des céréales prévoit une production mondiale de blé record. Les grands pays importateurs pourraient limiter leurs achats à l'international. Les silos du monde devraient continuer à engranger quantité de céréales dans les mois qui viennent. Au point d'élever les réserves de la planète à un niveau sans précédent depuis vingt-neuf ans, à quelque 447 millions de tonnes (y compris les céréales secondaires, orge, avoine…). Telle est la nouvelle projection du Conseil international des céréales (CIC), qui a revu, jeudi 27/08/2015, ses chiffres en hausse. Balayant ses premières estimations, l'organisation intergouvernementale s'attend en effet désormais à ce que la production mondiale de céréales soit supérieure à la consommation, et ce pour la quatrième année d'affilée. Ce sont les importantes récoltes de blé et d'orge anticipées dans l'Union européenne et les anciens pays du bloc soviétique qui feront la différence. Le Conseil parle à présent d'une récolte planétaire de blé de 720 millions de tonnes, soit autant que la saison précédente qui constitue un record. Pour les grands exportateurs, dont l'Union européenne, ces moissons abondantes un peu partout dans le monde pourraient accroître une compétition déjà forte pour trouver des débouchés. Mercredi 26/08/2015, l'Iran, quatrième importateur mondial, a annoncé qu'elle n'importerait pas de blé cette année, la production et les stocks nationaux étant suffisants pour satisfaire les besoins du pays.
La veille, l'Algérie, le troisième plus gros acheteur de blé et client historique de la France, révisait sa prévision de récolte en hausse de 14 %. Au-delà de bonnes récoltes, ces grands acheteurs de blé, qui souffrent de la chute du baril de pétrole, cherchent aussi à modifier leur comportement . Face à L'UE, la Russie aiguise ses ambitions. Elle comptait augmenter ses livraisons de céréales vers l'Egypte, le premier acheteur mondial. Les exportations russes pourraient atteindre 7 millions de tonnes sur 2015-2016, soit une hausse de 89 %. Jeudi 27/08/2015, les cours du blé à Paris comme à Chicago flanchaient au plus bas de l'année, et non loin de leur plancher de 2009. Le spectre d'un nouvel épisode d'El Niño dans les mois à venir pourrait toutefois venir chahuter les cours. S'il est violent, ce phénomène climatique, qui peut entraîner des pluies torrentielles d'un côté de la planète et causer de fortes sécheresses de l'autre, est à même de perturber les récoltes et, par conséquent, de déstabiliser le commerce alimentaire mondial et faire s'envoler les prix. Le niveau des stocks mondiaux de riz devrait baisser de 9 %, au plus bas depuis six ans, selon le Conseil international des céréales.
Source: www. lesechos.fr