L'adaptation de l'agriculture au changement climatique constitue à n'en point douter un des défis majeurs auquel l'humanité doit faire face, a estimé jeudi à Cotonou, le représentant résident de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) au Bénin, Tiémoko Yo.
"La plupart des études sur l'impact du changement climatique convergent pour montrer que les secteurs agricoles dans leur ensemble, y compris la production végétale, l'élevage, la foresterie, la pêche et l'aquaculture, sont parmi les plus vulnérables aux changements climatiques", a-t-il déclaré lors d'un entretien en marge d'un atelier régional sur l'"Agriculture Intelligente face au Climat en Afrique de l'Ouest".
Pour ce haut fonctionnaire du système de l'INU, des températures élevées et des changements dans les régimes pluviométriques réduisent les rendements des cultures, provoquent une prolifération des ravageurs et des maladies et entraînent des baisses significatives de la production sur le long terme.
"Le changement climatique représente une menace majeure pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations", a-t-il déploré, regrettant le fait que ces menaces sont particulièrement marquées chez les agriculteurs africains.
"Il s'agit, dans la plupart des cas, de petites exploitations familiales dont les niveaux d'investissement et les connaissances techniques sont très faibles, ce qui les rend très vulnérables aux effets du changement climatique", a-t-il affirmé, tout en soulignant que les systèmes agricoles et alimentaires sont aussi responsables des changements climatiques.
"La déforestation et la dégradation des terres sont des sources importantes d'émissions de gaz à effet de serre, et sont directement liées à l'endroit et à la façon dont nous produisons nos aliments", a-t-il fait observer.
Dans le même temps, a-t-il poursuivi, "le secteur agricole possède un potentiel d'atténuation important, car les bonnes pratiques agricoles améliorent la qualité des sols et séquestrent le gaz carbonique, souvent tout en fournissant d'innombrables autres services éco systémiques".
"Le défi pour l'agriculture africaine est donc multidimensionnel : les agricultures africaines doivent répondre aux défis de la sécurité alimentaire et de la réduction de la pauvreté, contribuer à la santé de la population et, en même temps, faire face aux défis du changement climatique en adoptant des modèles de développement agricole plus résilients et plus durables avec une plus faible intensité des émissions de Gaz à Effet de Serre", a-t-il conclu.
Une soixantaine d'experts agricoles partagent depuis mercredi à Cotonou, les informations et connaissances recueillies lors de la mise en œuvre du projet "Soutenir la transition vers une agriculture et des systèmes alimentaires intelligents face au climat", depuis 2015 dans cinq pays d'Afrique de l'Ouest (Bénin, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana et Niger), un pays d'Afrique de l'Est (Ethiopie) et un pays d'Afrique australe (Zambie), en vue d'identifier les contraintes, les opportunités et les besoins liés à l'approche de ce projet dans la sous-région Afrique de l'Ouest.
Source : maghrebemergent.info.