الجمهورية التونسية | وزارة الفلاحة والموارد المائية و الصيد البحري

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Depuis bientôt un mois, les producteurs agricoles multiplient les manifestations contre des prix trop bas et des coûts de production qui ne cessent d’augmenter.
Enrique Sánchez nous salue, le sécateur à la main, tout en coupant des sarments de ses ceps de vigne. Il produit du raisin ensaché sur 18 hectares de vignoble. Même s’il n’a pas encore perdu tout espoir, il ne lui en reste pas beaucoup.

Il y a quelques jours, près d’ici, à Novelda, l’un des villages de la Vallée du Vinalopó (province d’Alicante), un autre agriculteur a abattu ses pieds de vigne à la tronçonneuse. “Il y aura d’autres cas, assure Enrique Sánchez, ça va très mal.” Fils et petit-fils d’agriculteurs, responsable de l’Unió de Llauradors, un syndicat d’agriculteurs de la zone, Enrique Sánchez, 37 ans, fournit certains éléments pour expliquer la crise que vit la campagne :

Le salaire minimum a augmenté [lire encadré ci-dessous], or ces vignes ont besoin de beaucoup de main-d’œuvre. Les cotisations au régime spécial de la Sécurité sociale ont aussi augmenté, sans parler du prix des engrais, du gazole… Nous vendons le raisin à des prix d’il y a vingt ou vingt-cinq ans. Si je dois reverser tout ce que je gagne et qu’il ne me reste rien, c’est impossible de continuer. Tant que les gouvernements ne feront rien pour nous, il ne nous reste que de manifester avec nos tracteurs pour faire valoir nos droits.”

Enrique Sánchez n’est pas le seul à se plaindre. Après [près d’un mois] de manifestations dans les régions autonomes de Galice, d’Estrémadure et certaines provinces d’

La polémique du salaire minimum
Les responsables des syndicats d’agriculteurs s’accordent à dire que la hausse du salaire minimum [22,3 % en 2019 puis 5,5 % au début de janvier dernier] n’a pas été le catalyseur des mobilisations. En revanche, il est certain que cette augmentation va avoir un effet très négatif dans des secteurs comme celui des fruits et légumes, et partiellement dans celui des oliveraies et des vignobles, où la main-d’œuvre est importante. Juan Hernández, l’un des responsables du groupe Paloma, producteur de fruits et de légumes, qui compte près de 2 000 travailleurs, estime que la hausse concerne 70 % du personnel, non qualifié. Il ajoute que non seulement il faut signer une nouvelle convention collective, mais encore que cela va obliger à augmenter les autres catégories de personnel. Et de conclure : “Cela va aggraver la concurrence face à des tiers, notamment dans la production de tomates ou de fraises, où la récolte représente plus de 45 % des coûts.”