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Une nouvelle filière vient d’être introduite dans le secteur de l’agronomie en Tunisie, c’est la culture de la menthe poivrée, une plante aromatique médicinale  à laquelle sont associées  plusieurs vertus.
Elle est connue pour ses propriétés rafraîchissantes, expectorantes, mucolytiques, anticatarrhales et antalgiques. Elle a un effet tonique et stimulant digestif, pancréatique et nerveux. Selon des études, cette plante favorise un bon fonctionnement hépatique et prostatique, en plus de son action bactéricide et fongicide.

Elle est traditionnellement utilisée pour soigner  de nombreuses  pathologies telles que l’insuffisance hépato-pancréatique, l’indigestion, la dyspepsie, les nausées, les vomissements, la flatulence, le mal des transports et le vertige, la névralgie, l’arthrite, les rhumatismes, les tendinites, les migraines, les céphalées, la zona, l’herpès, les névrites virales, les rhinites, les sinusites, les otites,  les inconforts des voies uro-génitales….
Un des pionniers de cette branche médicinale, Mohamed Amine Toumi, un sexagénaire de la diaspora tunisienne,  qui est revenu dans le pays  pour lancer son projet l’année dernière, choisissant une filière inexistante en Tunisie qui est la culture de la menthe poivrée.

Ce projet est basé dans la région de Brahmi à Bousalem du gouvernorat de Jendouba, sur  une superficie de 14 hectares dont 10 hectares ont été réservés pour la plantation. Cette société agricole est totalement exportatrice vers les pays de Sud-est asiatique à savoir notamment la Chine, le Japon et l’Inde.

Des obstacles se sont naturellement dressées  entachant la trajectoire du projet  dont le gérant est un ancien cadre du ministère de l’agriculture, Wardi Semai, qui a affirmé à Africanmanager  que le promoteur du projet a tenu bon pour le choix de cette plante, créant ainsi une nouvelle filière dans l’agriculture tunisienne, que même sa nomenclature est inexistante au ministère.
« L’innovation dans ce projet réside dans le choix de la culture. En fait, la menthe poivrée est une plante aromatique médicinale, très utilisée dans différentes industries tels que la parfumerie, le tabac ainsi que les médicaments… », a-t-il expliqué.

Une spécialité « consommatrice » de main d’œuvre

La commercialisation de cette plante peut se faire sous plusieurs formes.

Elle peut être exportée et vendue sous différente formes : fraîche, ce qui demande des techniques sophistiquées et  qui est à envisager  dans le futur selon les dires du gérant de l’exploitation, séchée ou bien distillée.
Concernant le séchage de la plante, il se fait selon deux méthodes ; soit à l’aide des fours électrique ou bien à l’air libre.

Cette culture est une culture qui absorbe beaucoup de main d’œuvre ; puisque le travail de désherbage se fait manuellement. En fait, elle dure de 9 à 12 mois ; donc elle offre des emplois permanents pour les ouvriers de la région. De plus, elle offre plusieurs coupes tout au long de l’année, ce qui garantie un seuil important de gain pour l’agriculteur.

Il convient aussi de noter que cette culture est biologique, sans aucune intervention chimique, ce qui fait augmenter le prix de 30 à 40 % par rapport aux prix habituels.

Concernant ce projet, il est encore dans sa première année. 7 hectares sont déjà plantés comptant 1.5million de plants. Les 3 hectares restants vont être couverts avec 500 mille plants prochainement ,fin février début mars.

Eu égard à sa proximité de l’Oued Medjerda, le promoteur utilise l’eau du fleuve pour l’irrigation avec l’aide d’une station de pompage à 850 mètres du cours d’eau  offrant un débit de 1.9 Litre/ seconde. Un puits superficiel est disponible aussi, à utiliser en cas de panne.

Pour ce qui est des techniques d’irrigation, il a été opté  pour la technique de goutte à goutte pour une utilisation rationnelle et optimale de l’eau. 


Cette idée de culture existe déjà au Maroc, mais elle est bel et bien nouvelle en Tunisie. Ce type de projet donne l’exemple et démontre qu’il suffit de changer les mentalités et les anciennes habitudes dans le domaine de l’agriculture pour trouver de nouvelles pistes et nouvelles filières peu connues qui peuvent être innovantes et prometteuses. Et comme le dit  Robert Linhart , l’agriculture ne sert plus à nourrir les populations, mais à produire des devises !. Et c’est ce qui souligne  l’extrême importance de la conquête des marchés, surtout ceux d’Asie, avec des géants économiques.
source : africanmanager.com