Les représentants de 175 pays viennent d'adopter une résolution historique visant à mettre un terme à la pollution plastique et à élaborer un accord international juridiquement contraignant d'ici 2024. La résolution porte sur l'ensemble du cycle de vie du plastique, y compris sa production, sa conception et son élimination.
La production de plastique est passée de 2 millions de tonnes en 1950 à 348 millions de tonnes en 2017, devenant ainsi une industrie mondiale évaluée à 522,6 milliards de dollars US, et sa capacité devrait doubler d'ici 2040. Les conséquences de la production et de la pollution du plastique sur la triple crise planétaire du changement climatique, de la perte de la nature et de la pollution sont une catastrophe en devenir :
-L'exposition aux plastiques peut nuire à la santé humaine, en affectant potentiellement la fertilité, l'activité hormonale, métabolique and neurologique et la combustion à l'air libre des plastiques contribue à la pollution atmosphérique.
-D'ici 2050, les émissions de gaz à effet de serre associées à la production, à l'utilisation et à l'élimination des plastiques représenteraient 15 % des émissions autorisées, dans le cadre de l'objectif visant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C.
-Plus de 800 espèces marines et côtières sont affectées par cette pollution par ingestion, enchevêtrement et autres dangers.
-Quelque 11 millions de tonnes de déchets plastiques se déversent chaque année dans les océans. Ce chiffre pourrait tripler d'ici 2040.
-Le passage à une économie circulaire peut réduire de plus de 80 % le volume de plastique entrant dans les océans d'ici à 2040, réduire de 55 % la production de plastique vierge, faire économiser 70 milliards de dollars aux gouvernements d'ici à 2040, réduire de 25 % les émissions de gaz à effet de serre et créer 700 000 emplois supplémentaires, principalement dans les pays du Sud.
Les chefs d'État, les ministres de l'environnement et d'autres représentants de 175 nations ont approuvé le 2 mars 2022 à Nairobi, lors de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement (UNEA-5), une résolution considérée comme historique sur la question des déchets plastique. La résolution historique, intitulée "Mettre fin à la pollution plastique : vers un instrument international juridiquement contraignant" a été adoptée à l'issue de la réunion de trois jours de l'UNEA-5.2, à laquelle ont assisté plus de 3 400 participants en personne et 1 500 participants en ligne de 175 États membres des Nations unies, dont 79 ministres et 17 hauts fonctionnaires.
"Ce jour marque le triomphe de la planète Terre sur les plastiques à usage unique. Il s'agit de l'accord multilatéral sur l'environnement le plus important depuis l'accord de Paris. Il s'agit d'une police d'assurance pour cette génération et les suivantes, qui pourront vivre avec le plastique sans en être condamnées", s'enthousiasme Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.
Cette résolution, basée sur trois projets initiaux de résolutions émanant de diverses nations, établit un comité intergouvernemental de négociation (CIN), qui commencera ses travaux en 2022, avec l'ambition d'achever un projet d'accord mondial juridiquement contraignant d'ici la fin de 2024. Il devrait présenter un instrument juridiquement contraignant, qui refléterait diverses alternatives pour traiter le cycle de vie complet des plastiques, la conception de produits et de matériaux réutilisables et recyclables, et la nécessité d'une collaboration internationale renforcée pour faciliter l'accès aux technologies, le renforcement des capacités et la coopération scientifique et technique.
"Le monde s'est réuni pour agir contre la pollution plastique : une menace sérieuse pour notre planète. Les partenariats internationaux seront cruciaux pour s'attaquer à un problème qui nous concerne tous, et les progrès réalisés à l'UNEA reflètent cet esprit de collaboration", a déclaré le Dr Jeanne d'Arc Mujawamariya, ministre rwandais de l'environnement. "Nous sommes impatients de travailler avec le CNI et nous sommes optimistes quant à l'opportunité de créer un traité juridiquement contraignant servant de cadre à la définition d'ambitions nationales, à la surveillance, à l'investissement et au transfert de connaissances pour mettre fin à la pollution plastique."
source: notre-planete.info