L’agriculture biologique présente des bienfaits mesurables pour le climat, la préservation des ressources naturelles et pour la santé humaine. Une étude publiée par l’institut de l’agriculture et de l’alimentation biologique (Itab), qui regroupe des chercheurs et professionnels de la filière, passe en revue 800 articles scientifiques et souligne l’importance de ces « externalités positives » de la bio, auxquelles le marché ne permet pas de donner un prix.
La qualité des sols est améliorée, souligne notamment l’étude, car la fin des intrants de synthèse oblige à des rotations plus longues et diversifiées des cultures. « En bio, les indicateurs de la biologie des sols sont améliorés dans 70 % des cas par rapport à l’agriculture conventionnelle », indique l’Itab.
Les effets sur la biodiversité sont aussi rappelés : plantes et pollinisateurs survivent mieux grâce à la réduction des pesticides et insecticides. La diversité des espèces est supérieure en moyenne de 23 % sur les parcelles bio, ainsi que le nombre total d’individus (+32 %).
Attaques politiques contre l’agriculture bio
Côté consommateur, plusieurs études, pas encore stabilisées, suggèrent que la nourriture biologique est corrélée à un risque réduit d’obésité, de diabète ou de cancer.
L’Itab souligne également que les émissions de gaz à effet de serre par hectare sont inférieures en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle, « de l’ordre de 50 % pour le CO2 et l’azote », notamment grâce à l’absence de fertilisants de synthèse. Le constat est plus nuancé concernant l’élevage : « Les émissions de méthane, qui concernent principalement les élevages de ruminants, peuvent être plus importantes en agriculture biologique », à cause du nourrissage des bêtes par fourrage. « Mais plusieurs hypothèses vont dans le sens de la moindre contribution de l’élevage biologique aux émissions induites par la transformation des terres ».