الجمهورية التونسية | وزارة الفلاحة والموارد المائية و الصيد البحري

الجمهورية التونسية

Depuis combien de temps a-t-on commencé à parler d’amélioration possible de nos grandes cultures? Cela fait des années.
La Presse — Bien entendu, la longue période de sécheresse a faussé toutes les prévisions et tous les programmes. Mais il n’y avait pas que cela. On ressentait quelque part une volonté de lever le pied, pour que ces objectifs ne soient pas atteints.
La presse étrangère se gargarisait de ces échecs successifs et la  politisation battait son plein.
Il a fallu cette année pour que l’on s’y mette sérieusement.

La mobilisation a été totale.

La pluie a voté pour ce sursaut d’orgueil et l’Ifriqiya est redevenue le grenier historique.
Nos régions annoncent des millions de quintaux. Et ce n’est pas fini.
Personne n’a soulevé les problèmes de fil de fer ou de sacs qui manquent  ou de points de stockage qui font défaut. Il n’y a pas eu de miracles, mais des personnes responsabilisées qui ont joué pleinement leurs rôles.
Pour que cet objectif soit atteint, il a fallu une mobilisation générale et surtout une volonté d’éviter l’échec.
Nous avons été interpelés par l’image d’une jeune fille chevauchant la moissonneuse-batteuse de son père. Elle apportait sa contribution à ce succès qui fera date et ne manquera pas de marquer les esprits. Si les mêmes conditions atmosphériques le permettaient, il serait impossible de faire marche arrière. Les prévisions ne pourraient que plaider pour une amélioration des scores.
Sur cette tentative de compter sur soi et de s’engager sur des programmes qui pourraient fortement aider la balance des paiements tunisienne, il y a la canne à sucre.
Le sucre est un produit stratégique sur lequel la Tunisie bute encore. Il faudrait reconnaître que nos agriculteurs, mal conseillés ou courant derrière le gain facile, ont changé la canne à sucre qu’ils plantaient, par des fraises et autres produits plus faciles et qui rapportent de l’argent sans trop d’inquiétude.
Il s’agit de reprendre en main ces surfaces emblavées et de revenir à de meilleurs sentiments.
La canne à sucre est un produit à valeur ajoutée importante. Rien n’est jeté et elle entraîne dans son sillage d’autres activités qui mobilisent un nombre  non négligeable de métiers.
Dans plusieurs régions du pays, la betterave à sucre a été une culture emblématique. Cette situation a attiré l’attention des autorités sur la nécessité de revitaliser la culture de la betterave à sucre comme source de revenus, mais aussi comme un maillon essentiel de la chaîne de production.
Dans le cadre de la préparation de la prochaine campagne de culture de la betterave sucrière, au siège de l’Utap s’est  tenue une réunion de travail stratégique entre des représentants de l’organisation de la société Ginor, spécialisée dans la production de sucre local. Il a été question de l’importance économique et stratégique de la betterave sucrière. 
Cette culture  améliore la structure du  sol,  réduit les mauvaises herbes, aère naturellement les terres, apporte de la matière organique, interrompt les cycles de maladies et valorise les terres fertiles.
Elle constitue un enjeu économique, grâce à la réduction des importations de sucre, peut contribuer à la stabilisation du prix du sucre, est créatrice d’emplois et tout en sécurisant les revenus agricoles, renforce la souveraineté alimentaire tout comme les autres produits stratégiques.
En Algérie voisine et en Egypte, on vise des productions records. Pourquoi pas chez nous ?

Par Kamel GHATTAS

source: lapresse.tn