La Tunisie est souvent décrite comme la terre des oasis. Dans le sud du pays, les palmiers dattiers s’élèvent fièrement, porteurs d’un fruit qui a traversé les siècles et les civilisations : la datte. Symbole de générosité et de douceur, elle est devenue au fil du temps un produit phare de l’agriculture tunisienne, reconnu bien au-delà des frontières. La variété Deglet Nour, en particulier, est considérée comme l’une des meilleures au monde, appréciée pour sa texture délicate et son goût raffiné. Pourtant, derrière cette image lumineuse, la filière des dattes reste marquée par des fragilités qui freinent son plein rayonnement.
Chaque année, la Tunisie produit près de 400 000 tonnes de dattes. Une part importante de cette récolte est destinée à l’exportation, générant des recettes en devises. Les chiffres sont éloquents : les dattes constituent près de 5 % de la production agricole nationale et assurent des centaines de milliers de journées de travail. Elles sont donc bien plus qu’un simple fruit : elles incarnent une filière stratégique, capable de soutenir l’économie et de créer des opportunités pour les régions du sud.
Pourtant, cette richesse n’est pas pleinement valorisée. Il y a à peine deux années, les producteurs de dattes étaient sur les bords des routes, exposant leurs produits et appelant les passants à acheter. Cette image, presque poignante, illustre la désorganisation du secteur et l’absence de structures solides pour accompagner les agriculteurs.
source: webmanagercenter.com