RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
La production fruitière a progressé de 3% cette année par rapport à la saison précédente, avec notamment une hausse des volumes de pêches, de raisins et d’abricots. La situation reste, en revanche, particulièrement difficile pour les poires, dont la production est tombée d’environ 150.000 tonnes avant 2012 à seulement 10.000 tonnes actuellement.
C’est ce qu’a indiqué, mercredi 9 septembre 2026, Ibrahim Trabelsi, membre du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), dans des déclarations accordées à Mosaïque FM.
Pêches, raisins et abricots en hausse
Ibrahim Trabelsi a fait état d’une progression globale de 3% de la production de fruits par rapport à l’année dernière.
La production de pêches est ainsi passée de 121.000 tonnes à 136.000 tonnes, tandis que celle de raisins a progressé de 125.000 à 130.000 tonnes. La production d’abricots a, de son côté, légèrement augmenté, passant de 42.000 à 43.000 tonnes.
Ces évolutions traduisent une amélioration des volumes pour plusieurs fruits, même si cette hausse de la production ne se répercute pas nécessairement dans les mêmes proportions sur les prix payés par les consommateurs.
Les poires, de 150.000 à seulement 10.000 tonnes
Le cas des poires reste très différent. Ibrahim Trabelsi est revenu sur un problème survenu en 2012 et qui avait fortement affecté les plantations, entraînant la perte d’une importante partie des vergers.
Les traitements nécessaires pour faire face à ce problème ont, depuis, considérablement alourdi les coûts supportés par les agriculteurs. Le responsable de l’Utap a expliqué que le coût de production avait fortement augmenté, tandis que les capacités des producteurs à renouveler les plantations étaient devenues plus limitées.
Les conséquences sur les volumes ont été considérables. Alors que la production de poires pouvait auparavant atteindre environ 150.000 tonnes, elle ne représente plus aujourd’hui qu’environ 10.000 tonnes.
Ibrahim Trabelsi a précisé que la production de poires était principalement concentrée dans les gouvernorats de Ben Arous et de La Manouba. Il a également évoqué le recours à des plants importés, notamment d’Égypte, pour tenter de renouveler les plantations.
Des prix qui restent élevés
Le responsable de l’Utap s’est également attardé sur les prix pratiqués sur les marchés et sur les marges appliquées entre le gros et le détail.
Il a notamment indiqué que les poires pouvaient se négocier sur le marché de gros à cinq, six, 6,5 voire sept dinars le kilogramme. Prenant l’exemple d’un produit acheté à six dinars, il a estimé qu’une marge de 25% conduirait à un prix de vente de 7,5 dinars.
Ibrahim Trabelsi a appelé les différents intervenants à pratiquer des marges raisonnables, afin que les producteurs puissent être correctement rémunérés sans que les prix deviennent prohibitifs pour les consommateurs.
Il a également relevé d’importantes différences de prix selon les fruits, les variétés et la qualité, avec des niveaux pouvant aller de trois à sept dinars le kilogramme sur le marché de gros.
Pour Ibrahim Trabelsi, un fonctionnement plus équilibré du circuit de commercialisation doit permettre à chacun de dégager une rémunération raisonnable, tout en évitant que les écarts entre les prix de gros et de détail ne pénalisent excessivement le consommateur.
M.B.Z
source: businessnews.com.tn