RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
Les prix des viandes blanches continuent de susciter des interrogations en Tunisie, sur fond de forte demande estivale, de difficultés d’approvisionnement et de hausse des coûts de production. Invité de Jawhara FM, lundi 10 août 2026, Brahim Nefzaoui, représentant de la Chambre nationale des détaillants de viandes blanches, a apporté plusieurs précisions sur les tarifs actuellement pratiqués et les mécanismes encadrant le secteur.
Selon lui, les commerçants de détail restent soumis aux dispositions réglementaires en vigueur, notamment celles relatives aux prix plafonds. Il a ainsi rappelé que, pour le poulet vendu abattu, le prix demeure fixé à 7,500 dinars le kilogramme au niveau de la production et à 8,500 dinars au niveau du détail, conformément aux dispositions applicables jusqu’au 9 septembre 2026.
Brahim Nefzaoui a toutefois insisté sur une distinction importante : ces tarifs concernent le poulet abattu, et non le poulet vivant. Il a également évoqué les dispositions réglementaires interdisant la commercialisation du poulet vivant dans certaines conditions, ainsi que le problème de l’abattage clandestin.
Le responsable a vivement dénoncé les pratiques d’abattage anarchique, estimant qu’elles créent une concurrence déloyale pour les opérateurs respectant les normes et peuvent également soulever des problèmes sanitaires.
L’abattage clandestin permettrait, selon lui, de proposer des prix plus bas, au détriment des règles sanitaires et de la sécurité du consommateur. Il a appelé, à ce titre, les structures de contrôle à assumer pleinement leur rôle afin de lutter contre les dépassements et les pratiques qui échappent à la réglementation.
Concernant l’escalope, Brahim Nefzaoui a indiqué que les prix évoluaient actuellement autour de 18 à 19 dinars le kilogramme, sans dépasser, selon lui, le seuil de 20 dinars dans le circuit qu’il représente. Il a cependant reconnu que certains points de vente commercialisaient le produit à des tarifs supérieurs.
Pour Brahim Nefzaoui, les dépassements constatés doivent être traités par les structures de contrôle compétentes, tandis que les acteurs du secteur doivent continuer à travailler ensemble pour éviter tout emballement des prix.
Sur la question de l’approvisionnement, Brahim Nefzaoui a souligné que la situation était particulièrement sensible durant l’été. La consommation de viandes blanches augmente traditionnellement pendant cette période, aussi bien du côté des ménages que des établissements touristiques, qui achètent des volumes importants.
La famille tunisienne reste, elle aussi, fortement dépendante des viandes blanches, considérées comme une source de protéines relativement accessible dans un contexte de pression persistante sur le pouvoir d’achat.
Or, les fortes chaleurs enregistrées ces dernières semaines ont affecté la production. Nefzaoui a évoqué un recul de l’offre pouvant atteindre 40 à 50%, sous l’effet notamment des températures élevées et de leurs conséquences sur les élevages et les conditions de travail.
Paradoxalement, cette baisse de l’offre ne s’est pas traduite par une flambée généralisée des prix du poulet. Le responsable professionnel a expliqué cette situation par un autre phénomène : le recul de la demande laquelle est due à la dégradation du pouvoir d’achat des ménages. Les consommateurs réduisent les quantités achetées, se limitant parfois à quelques centaines de grammes et privilégiant des produits d’accompagnement moins coûteux.
Cette évolution contribue à maintenir une certaine pression sur les prix, malgré les difficultés rencontrées au niveau de la production.
Sur le marché touristique, la situation est différente. Des stocks spécifiques sont constitués pour répondre aux besoins des établissements hôteliers et autres structures touristiques. Nefzaoui a assuré toutefois que les stocks disponibles permettraient actuellement de répondre aux besoins du marché et qu’aucune rupture majeure n’est, à ce stade, à signaler.
Le représentant syndical a également évoqué la situation du marché des œufs. Selon lui, les stocks disponibles sont importants, atteignant environ 8,3 millions d’œufs.
Cette situation intervient après les efforts consentis par les producteurs pour maintenir les niveaux de production, alors que les prix avaient été particulièrement bas. M. Nefzaoui a avancé que les professionnels devraient désormais parvenir à un équilibre permettant aux producteurs de couvrir leurs coûts sans provoquer, dans le même temps, une envolée des prix pour le consommateur.
Il a défendu une approche concertée du marché. Selon lui, la fixation des prix doit tenir compte de l’ensemble des charges supportées par les différents intervenants, y compris les pertes liées à la mortalité des volailles.
La même logique doit, selon lui, s’appliquer aux fournisseurs et aux détaillants. Ces derniers travaillent avec des marges encadrées et doivent, à leur tour, pouvoir couvrir leurs frais de fonctionnement.
source: businessnews.com.tn