RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie, conjuguée aux coupures répétées d’électricité, a provoqué d’importantes pertes dans la filière avicole. Les températures extrêmes enregistrées ces derniers jours ont entraîné la mort de milliers de volailles, compromettant une partie de la production nationale et mettant en évidence la vulnérabilité des élevages face aux phénomènes climatiques extrêmes.
Intervenant sur les ondes de Mosaïque FM mercredi 22 juillet 2026, le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, Brahim Nefzaoui, a indiqué que près de 13% de la production nationale de volailles, soit 2 100 tonnes, avaient été perdus en raison des conditions climatiques exceptionnelles. Les pertes sont principalement attribuées à la combinaison de températures très élevées et des délestages électriques qui ont privé les bâtiments d’élevage de leurs systèmes de ventilation et de refroidissement.
Selon lui, de nombreuses exploitations ont également subi des pannes irréversibles de leurs équipements. Les moteurs des unités de réfrigération et de ventilation ont brûler.
Les volailles figurent parmi les espèces domestiques les plus sensibles au stress thermique. Contrairement à de nombreux mammifères, elles ne possèdent pas de glandes sudoripares leur permettant d’évacuer efficacement la chaleur.
Leur principal mécanisme de thermorégulation repose sur une respiration accélérée, appelée halètement, qui favorise les échanges thermiques. Lorsque la température ambiante dépasse les capacités d’adaptation physiologique de l’animal, notamment au-delà de 35°C, ce mécanisme devient insuffisant, surtout en présence d’une humidité élevée ou d’une mauvaise circulation de l’air.
Dans les bâtiments d’élevage modernes, la survie des volailles dépend largement de systèmes de ventilation mécanique, de refroidissement par évaporation et de renouvellement permanent de l’air. Une interruption prolongée de l’alimentation électrique entraîne l’arrêt de ces équipements, provoquant une élévation rapide de la température intérieure. La chaleur produite par les animaux eux-mêmes accentue encore le phénomène, créant un environnement où la température peut devenir létale en quelques dizaines de minutes dans les élevages les plus densément peuplés.
Le stress thermique provoque une augmentation de la température corporelle, une déshydratation rapide, une détresse respiratoire, des déséquilibres métaboliques et cardiovasculaires, pouvant conduire à une défaillance multiviscérale puis à la mort. Les jeunes volailles, ainsi que les poulets de chair proches de leur poids d’abattage, sont particulièrement exposés en raison de leur forte production de chaleur métabolique.
Au-delà des pertes animales, ces événements risquent d’avoir des répercussions économiques importantes sur l’ensemble de la filière. La disparition d’une part significative du cheptel national réduit immédiatement l’offre disponible sur le marché, tandis que les coûts liés au remplacement des animaux, à la réparation des équipements endommagés et à la remise en état des exploitations alourdissent les charges des éleveurs.
À moyen terme, cette situation pourrait exercer une pression supplémentaire sur les prix de la viande blanche et fragiliser davantage un secteur déjà confronté à l’augmentation des coûts de production et aux effets croissants du changement climatique.
source: businessnews.com.tn