RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

Avant de devenir les Vignerons de Carthage, le premier producteur de vin en Tunisie était en l’Union Centrale des Coopératives Viticoles (CCV), fondée en 1948. Ce modèle repose sur une organisation coopérative, où les sociétés mutuelles travaillent en synergie. Une loi adoptée il y a une dizaine d’années est venue encadrer et consolider ce fonctionnement.

Aujourd’hui, les Vignerons de Carthage, en tant que mutuelle, représentent près de 60 % de la production viticole nationale. Une position dominante qui en fait un acteur incontournable du secteur. Dans les années 1990, ses dirigeants ont initié une profonde restructuration du vignoble tunisien, marquée par l’introduction de nouveaux cépages et la modernisation des techniques de production.

Cette transformation a permis à la société d’augmenter significativement ses volumes tout en améliorant la qualité de ses vins, renforçant ainsi sa compétitivité sur les marchés internationaux. Aujourd’hui, les Vignerons de Carthage sont reconnus comme l’un des principaux producteurs de vins fins en Tunisie, avec des exportations régulières vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Amérique du Nord.

Mais ce leadership s’inscrit dans un contexte préoccupant : la superficie des vignobles en Tunisie a été drastiquement réduite. En 2011, on comptait près de 13 000 hectares cultivés. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à environ 5 600 hectares — une estimation que les professionnels jugent même optimiste.

Une production diversifiée, mais fragilisée

Les Vignerons de Carthage produisent une large gamme de vins, en cultivant tous les cépages classiques. Leur activité se concentre principalement sur les cépages rouges, qui constituent la majorité de leur production. En revanche, les vins blancs sont en net recul : les arrachages massifs de ces dernières années ont considérablement réduit les surfaces cultivées. L’entreprise s’efforce de replanter et d’étendre les parcelles, mais se heurte à une pénurie de plants importés.

Selon Samih Dardouri, Directeur Général des Vignerons de Carthage, cette diminution n’est pas le fruit d’une stratégie agricole réfléchie, mais plutôt la conséquence de décisions politiques. « Le ministère de l’Agriculture a choisi de favoriser les raisins de table au détriment des raisins de cuve », explique-t-il. Face à la rareté des plantes, de nombreux agriculteurs se tournent vers d’autres cultures, comme les oliviers ou les orangers.

Résultat : la viticulture tunisienne recule, et son avenir reste incertain.

Un parcours enraciné dans la vigne

À la tête des Vignerons de Carthage, Samih Dardouri incarne ce savoir-faire viticole. Formé en Allemagne, il est ingénieur œnologue spécialisé en technologie des boissons. Il a travaillé pendant 15 ans au sein du CCV, de 1999 à 2014, avant de poursuivre une carrière en Afrique, où il a dirigé une grande entreprise.

De retour en Tunisie, il prend les rênes des Vignerons de Carthage, avec la volonté de défendre un secteur en quête de renouveau.