RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

Les 28 ministres de l'Agriculture de l'Union européenne se sont retrouvés ce lundi à Bruxelles pour parler notamment du prix du lait. Au cœur des discussions, l'embargo russe sur les produits agro-alimentaires, dont le lait, et la fin prochaine des quotas laitiers.
L'embargo russe sur les produits agro-alimentaires avait été décidé par Moscou cet été en réponse aux sanctions européennes contre des secteurs de l'industrie russe dans le cadre du dossier ukrainien. Cet embargo russe touche de plein fouet les producteurs de lait. La demande mondiale était jusqu'à cet été assez forte, les quotas avaient déjà été relevés, permettant aux agriculteurs de produire plus. Et puis les débouchés russes se sont brutalement fermés, bloquant net en Europe des millions de tonnes de lait et tirant les prix vers le bas. Les producteurs évoquent un litre de lait autour de 28 centimes d'euros alors qu'il leur en coûte 30 ou 40 centimes pour le produire.
L'embargo russe est conjoncturel mais de manière plus structurelle, ce qui inquiète les producteurs de lait, c'est la fin des quotas laitiers en Europe. La suppression de ces quotas a été décidée en 2003 et depuis, il ne se passe pas une année sans qu'un pays tente de remettre en place cette limitation à la production. Mais il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas de majorité suffisante au sein des États membres pour obtenir le retour des quotas.
Ces quotas ont tout juste 30 ans et ont été instaurés à une époque où les Européens stockaient des quantités effrayantes de beurre et de poudre de lait. L'instauration de ces quotas a bien remis de l'ordre dans le secteur du lait. Ils ont aussi mené à la disparition de certains producteurs mais ont permis de maintenir les prix à un niveau raisonnable.
Mais petit à petit, en raison d'une hausse significative de la consommation mondiale de produits laitiers, l'Union européenne a augmenté ses exportations. En 2003, la Commission, soutenue par une majorité d’États, a donc décidé de supprimer ces quotas dès avril 2015. D'autant que pour la Commission, les quotas n'étaient de toute façon pas atteints ces dernières années.
Mais cela ne signifie pas que le marché du lait sera totalement libre le premier avril prochain. En 2009, au plus fort de la crise du lait, la Commission a proposé que les producteurs de lait puissent se rassembler en coopérative pour négocier ensemble des contrats à prix fixes avec l'industrie de transformation du lait, histoire de ne plus être petit producteur tout seul face à l'industrie. Mais ce système est aussi critiqué parce qu'il n'est pas assez souple.
L'industrie laitière de son côté se réjouit de voir les quotas sauter. C'est la possibilité d'augmenter les exportations et puis, si le prix du lait est bas parce que l'offre est importante, c'est tout bénéfice pour l'industrie. Les producteurs eux dénoncent une concurrence qui tuera les petits producteurs.
Mais autant le précédent commissaire européen à l'agriculture était prêt à écouter les plaintes des producteurs, autant le commissaire actuel semble bien décidé à ne pas intervenir. Pour lui, il n'y a pas de crise du lait.
Certains avaient proposé un système de protection : dès que le prix du lait aurait dépassé un certain montant, une partie des bénéfices auraient été versées dans un pot commun qui aurait pu compenser une baisse trop importante des prix. Mais cette idée n'a été retenue ni par la Commission ni par une série d’États membres.
Source : http://www.rtbf.be