RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

Les effets du réchauffement climatique sur les insectes menacent la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne, selon les experts de l’International Centre of Insect Physiology and Ecology (Icipe) à Nairobi (Kenya), en collaboration avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Alors que les pertes annuelles causées par les insectes à la filière maïs – vitale pour l’économie rurale en Afrique – sont déjà estimées à un à deux milliards de dollars, les tendances observées dans le régime climatique actuel pourraient engendrer une réduction annuelle de 10 à 20 % des rendements d’ici 2055. 
Cette zone est l'une des trois qui servent de laboratoires naturels au Climate Change Impacts on Ecosystem Services and Food Security in Eastern Africa (Chiesa), un programme de recherche mis en œuvre depuis 2010 grâce à l’appui financier du gouvernement finlandais.
Cette zone a vu ses rendements agricoles décliner de façon drastique ces dernières années.
Certes, beaucoup d’insectes attaquent le maïs dans différentes parties d’Afrique; mais, le Busseola fusca (Bf), le Chilo partellus (Cp) et le Sesamia calamistis (Sc) sont les trois ravageurs susceptibles de causes les plus grandes pertes économiques.
Ils sont potentiellement destructeurs au stade larvaire; car, en créant des tunnels dans les tiges ou d’autres parties de la plante, les larves stoppent la photosynthèse et provoquent la mort de la plante affectée.
Pour les insectes, la température est un paramètre incontournable. Sa hausse favorise la multiplication des générations annuelles et leur abondance avec ce que cela suppose comme accroissement de leur capacité de destruction. D’après les prévisions, l’élévation de la température en Afrique de l’Est sera de 1,3 à 2°C d’ici 2050, et l’augmentation de la température combinée aux caractéristiques du sol donne des résultats encore plus inquiétants.
L’aptitude des plantes graminacées à se défendre contre les insectes herbivores est fonction de leur capacité à accumuler la silice dans leurs tissus. Cet élément naturel présent dans le sol modifie la physiologie de la mandibule de la larve pour ainsi diminuer sa capacité de destruction. Or, les fortes précipitations enregistrées durant les saisons pluvieuses, devenues de plus en plus courtes mais intenses dans certaines régions, réduisent considérablement la teneur en silice des sols de cette région. Désormais, d’autres facteurs comme le mode de culture consistant en la réutilisation des végétaux morts comme fertilisants entrent en jeu pour faire face à cette menace.
Source : www.scidev.net