RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
Dans le Midwest, depuis des semaines, la pluie est incessante. L’eau a noyé de nombreux champs de cette immense région céréalière des Etats-Unis et la moisson de blé, qui bat habituellement son plein en juin, a pris du retard. La qualité des épis risque d’en pâtir. Sur les marchés, les traders s’activent. En quinze jours, les prix à la Bourse de Chicago ont bondi de 24%, effaçant leurs pertes de l’année. Un réveil brusque, alors qu’en mai ils étaient au plus bas depuis cinq ans après deux années de belles récoltes mondiales.
Le Canada, autre grand producteur de blé, n’est pas épargné. Les analystes d’ANZ comparent la sécheresse actuelle à celle de 2002. Si les températures restent aussi élevées et les pluies aussi rares, les exportations pourraient baisser de plus de moitié, ce qui entraînerait un déficit de 12 millions de tonnes au niveau mondial, dit un économiste au sein de la banque. En 2002-2003, elles avaient plongé de plus de 40%, selon Bloomberg.
En France, la vague de chaleur qui envahit le premier producteur céréalier d’Europe inquiète. Notamment pour le maïs, dont la phase la plus critique, la pollinisation, va démarrer. « Les températures de plus de 30 degrés […] sont une menace pour les rendements et la qualité de la production», prévient le directeur général d’Agritel. En Allemagne, deuxième exportateur après la France, la récolte de céréales sera probablement en baisse de 11% par rapport à l’an passé. Il y a quelques jours, la Commission européenne a donc revu à la baisse ses prévisions (blé, colza) pour la région pour 2015-2016. Sur Euronext, les cours du blé meunier ont grimpé de 14% depuis la mi-juin.
Les blés cotés à Chicago et à Paris ne sont pas les seuls à remonter en flèche depuis deux semaines. Le cours du maïs a pris 20% et le soja près de 15%. Mardi soir, un rapport du ministère de l’Agriculture des Etats-Unis est venu attiser un peu plus les marchés. Les stocks américains de maïs et de soja sont en effet moins importants qu’anticipé par les observateurs. La raison? Une forte demande inattendue au troisième trimestre, surtout pour le maïs, dont les réserves restent abondantes, et pour le soja.
Conséquence de ce réveil des cours, les investisseurs s’intéressent de nouveau aux matières premières agricoles. Depuis mars, ils ont remis plus de 130 millions de dollars dans les ETF adossés aux céréales. C’est le premier trimestre de gain pour ces fonds depuis plus d’un an.
Source : lesechos.fr