RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
La balance commerciale française concernant le poisson, qu'il soit de pêche ou d'élevage, ne cesse de se creuser. La France possède 11 millions de km² de domaine maritime, le deuxième plus grand au monde derrière les Etats-Unis. De plus, avec 35 kilogrammes de poisson consommés par an et par habitant, la France est à la fois l'un des plus gros consommateurs européens (23 kilos en moyenne pour le reste du continent) ce qui lui garantit en principe un marché national conséquent, tout en en restant stable, ce qui devrait permettre aux producteurs hexagonaux d'anticiper sans avoir à recourir à des importations massives. Et pourtant la France est chroniquement en déficit côté balance. Alors qu'en 2004, ce déficit se montait déjà à 2,2 milliards d'euros, il a fait un bon de 63% en dix ans pour atteindre les 3,6 milliards d'euros en 2014. A consommation constante, les Français mangent de moins en moins de poisson pêché ou élevé en France. Si le volume de poisson consommé reste stable, la nature des poissons, elle, a changé. Le saumon, le thon et les crevettes, pour lesquels la France est un producteur/pêcheur minoritaire, sont justement les trois produits de la mer qui génèrent le plus d'échange. Ces trois espèces représentent à elles seules les trois quarts de l'explication de la détérioration de la balance commerciale.
Autre cause, la baisse lente mais continue du potentiel de pêche en France. Le tonnage en effet se réduit inexorablement depuis 20 ans, sans être remplacé quantitativement par l'aquaculture qui ne représente qu'un tiers de la production nationale. Alors que le pays comptait encore, toute taille confondue, 6593 bateaux en 1995 selon le Département des systèmes d'information des Affaires maritimes (SDSIM), ce nombre a chuté à 4537 en 2013. Les quotas de pêche imposés par l'Union européenne ont en effet entraîné une restriction du potentiel de pêche français, mais aussi chez d’autres pays européens, comme l'Espagne, dont le secteur lui est aussi stratégique. Sous caution de protéger certaines espèces menacées - c'est encore récemment le cas du bar, un poisson qui reste populaire en France - ces restrictions portent un vrai coup dur à ce secteur d'activité. Ce qui n'a pas empêché les autorités européennes de baisser encore la quantité de pêche autorisée en 2015, sauf pour le thon rouge dont les stocks se sont largement reconstitués.
Source : www. lefigaro.fr