RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
Au terme d'une réunion à Madrid, la ministre espagnole a présenté les propositions des quatre pays avant le conseil agricole européen extraordinaire convoqué le 7 septembre pour répondre à cette crise mondiale.
Ils demandent un relèvement du prix d'intervention à partir duquel les Etats peuvent retirer du marché du lait écrémé en poudre pour soutenir les cours. "Nous comprenons qu'il doit être limité dans le temps mais nous croyons que ce sera un signal au marché qui permettra de façon décisive de relever les prix", a-t-elle déclaré. Les quantités retirées seraient destinées aux plus défavorisés de l'UE.
Ils souhaitent également que la Commission européenne, qui gère la politique agricole commune, autorise à nouveau le stockage des fromages dans des frigos, toujours pour éviter l'effondrement des prix.
Ils demandent enfin à la Commission de relever de 50% le montant des avances sur les aides aux producteurs pour 2016, qui pourront être versées à partir de la mi-octobre.
Pour le ministre français, qui a demandé la convocation du sommet européen, l'objet des réunions préparatoires comme celle de Madrid est de réunir un consensus afin que des décisions soient prises dès le conseil du 7 septembre, explique-t-on dans son entourage.
Le ministre français, qui a déjà vu son homologue irlandais, doit rencontrer lundi à Berlin ses collègues allemand et polonais. Avant le sommet, il aura rencontré ou parlé à tous les ministres de l'UE.
La France "fait le pari que les propositions rendues publiques à Madrid auront un effet d'entraînement chez les Allemands et les Polonais", a expliqué un conseiller du ministre.
Dans toute l'Union européenne, les éleveurs se plaignent de la dégringolade des cours mondiaux du lait due à la surproduction en Europe et dans le monde.
La suppression en avril des quotas de production européens, en vigueur depuis plus de 30 ans, incitait les éleveurs à produire davantage pour gagner des parts de marché.
Mais elle a coïncidé avec un ralentissement de la demande en Chine, premier marché mondial. L'embargo russe sur les produits agricoles européens - réplique aux sanctions prises contre la Russie après l'annexion de la Crimée - et la diminution de la consommation de produits laitiers en Europe ont accru la pression sur les prix, a souligné la ministre portugaise.
C'est pourquoi les quatre ministres ont aussi proposé des campagnes de promotion des produits laitiers en Europe et à l'étranger.
Cet été, les agriculteurs ont manifesté de l'Allemagne à la Grande-Bretagne mais c'est en France que la fronde a été la plus spectaculaire.
Source : leparisien.fr