RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
Le monde croule sous le lait pour la deuxième année consécutive. Alors que le trop-plein atteignait 6 milliards de litres en début d'année, la production a continué d'augmenter en 2015. La hausse sur le premier semestre a atteint 3,1 %. Tous les grands acteurs - Union européenne, Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande - y ont contribué. Mais l'UE, numéro un mondial, plus que les autres. « Aucun signe de ralentissement ne se profile », dit l'Association de la transformation laitière (Atla). Bridés pendant trente ans par les quotas laitiers, les pays membres de l'UE piaffaient d'impatience à l'idée de leur disparition. La demande de la Chine, qui n'a pas encore les moyens de garantir la qualité sanitaire du lait, a stimulé tous les appétits avant de brusquement se diviser par deux. En Nouvelle-Zélande comme en Europe, les éleveurs sont victimes d'une décélération des achats de la Chine, qui fait ses comptes après avoir acheté de la poudre de lait au prix fort en janvier et fini par constituer des stocks. « Le géant néo-zélandais Fonterra ne sait plus que faire de son lait. A défaut de pouvoir le stocker, il casse les prix de 30 % sur tous les marchés qui se présentent », affirme l'association Atla. Les producteurs néo-zélandais ont vu leur rémunération fondre de 430 euros la tonne en janvier 2014 à moins de 200 euros aujourd'hui.
Il faut ajouter à cela les effets de l'embargo russe et les 250.000 tonnes de fromages européens qui sont venues engorger le marché. « La demande mondiale continue de progresser [+2,1 %], mais l'offre a trop augmenté [+3,1 %] »,précise Atla. La baisse des prix en Europe n'a fait qu'inciter les éleveurs à augmenter leur production. Un litre de lait supplémentaire ne requiert pas d'investissement. Et la manière la plus immédiate de compenser la baisse des prix est d'accroître les volumes. Résultat, les prix mondiaux du beurre et de la poudre ont décroché - de -10 % à 2.217, 50 euros la tonne pour le beurre et -5,6 % pour la poudre au premier semestre. […]
Source : Les Echos.fr.