RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
La mondialisation alimentaire engendre des dépendances, mais elle est aussi une réponse aux attentes des consommateurs et aux besoins de sécurité dans le monde. Nombre de pays n’ont pas les capacités de satisfaire leur demande nationale avec les seules productions domestiques.
Sébastien Abis est directeur du Club Déméter et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Il est aussi le codirecteur de l’ouvrage annuel Le Déméter, qui explore les grandes thématiques agroalimentaires mondiales. Il propose, avec la série « Le dessous des tables », une prise de hauteur sur les défis agricoles et alimentaires.
Il est trop tôt pour s’aventurer sur l’après crise et le processus de démondialisation que certains annoncent d’ores et déjà. Tout au plus peut-on présager que des prises de conscience et des inflexions auront lieu à propos des grands piliers de la sécurité humaine et des secteurs qui s’avèrent partout essentiels à la vie des populations. L’alimentation compose avec la santé un binôme stratégique dont toutes les nations ont besoin. Il y va de leur stabilité et de leur souveraineté.
A celles qui l’auraient oublié, la crise actuelle du Covid-19 sonne comme un puissant rappel prospectif. L’histoire nous enseigne que des sociétés se sont effondrées quand les insécurités sanitaires et/ou alimentaires ont été trop grandes pour que les pouvoirs politiques puissent y faire face. Le futur proche comme lointain n’augure rien de très différent. A la fois sur ces risques et sur la nécessité de continuer à raisonner global pour les contrer ou les atténuer.
Une carte mondiale agricole atomisée. La sécurité alimentaire mondiale repose sur une multitude de facteurs. S’il faut produire dans tous les pays, car la mobilisation de toutes les agricultures est essentielle, il n’est pas possible de produire de tout partout et de le faire dans des conditions équivalentes. La planète est profondément fracturée en termes de dotations hydriques et foncières. Les climats sont variés et les changements météorologiques ne s’impriment pas avec la même intensité selon les régions. Les agricultures exigent de la prévisibilité...