RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

La pandémie mondiale Covid-19 a déjà occasionné de nombreux dégâts. Elle est à l’origine de nombreuses crises: sanitaire, économique, politique, sociale… Elle est d’autant plus redoutable que la propagation du virus est très rapide et que jusqu’ici on ne dispose ni d’un médicament approprié pour soigner les malades ni d’un vaccin pour prévenir la maladie. Le seul moyen de défense efficace reste le confinement sanitaire total. Ce confinement, imposé et plus ou moins bien respecté, peut durer malheureusement de nombreuses semaines et peut avoir des conséquences graves sur notre sécurité alimentaire.


Perturbations du commerce international
Le confinement peut entrainer des perturbations du commerce international aussi bien aérien que maritime. Des difficultés aussi bien à l’embarquement ou le débarquement des marchandises, la fermeture des espaces aériens et des frontières mis en place pour arrêter la propagation de la pandémie, des problèmes d’approvisionnement à bord ou des problèmes sanitaires dans les pays d’origine… peuvent entrainer des retards importants à la livraison des marchandises. Les pays exportateurs, pour des incertitudes liées à la disponibilité des aliments, peuvent réduire les quantités de produits habituellement destinés à l’export. Des opérations de détournement et même de piratage (comme celles observées dernièrement pour du matériel et des produits sanitaires) peuvent avoir lieu. 

La Tunisie importe une grandes quantités de denrées alimentaires: blé, huile végétale, pomme de terre, carburant, sucre, café et des matières premières et produits finis divers… Le cheptel avicole est nourri exclusivement de maïs, de tourteau de soja, des minéraux et vitamines importés. Nos vaches laitières sont également nourries de concentrés à base des mêmes produits importés. L’importation de produits alimentaires est encore beaucoup plus importante en année sèche où les récoltes sont médiocres ou mauvaises. Associé à des capacités de stockage limitées, tout retard dans les livraisons des denrées alimentaires peut avoir des incidences catastrophiques aussi bien sur la population que le cheptel animal et peut être à l’origine d’une crise sociale grave.

Le syndrome de la farine et de la semoule
Depuis la survenue de la pandémie, les habitants se sont accourus pour stocker des denrées alimentaires diverses : pâtes, concentré de tomate, riz et surtout de la farine et de la semoule. Des bousculades, des attroupements parfois violents ont été observés. Il y a eu même des braquages de camions transportant de sacs de semoule et farine… Ces derniers ont fait l’objet de commerce illicite et les prix ont grimpé d’une façon vertigineuse. Les autorités ont démasqué de nombreux trafiquants, y compris des politiciens et des fonctionnaires bien placés, et de multiples cachettes de marchandises. 

Ce phénomène n’est pas spécifique à notre pays. De nombreux autres pays beaucoup plus développés comme la France, l’Angleterre, l’Allemagne... ont connu également le même phénomène et les étagères des grandes surfaces ont été  vidées de leurs stocks alimentaires et en premier la farine. C’est que, en cette période de crise et avec le confinement, les gens essayent d’éviter de sortir et de s’approvisionner de l’extérieur. Pain et gâteaux peuvent également véhiculer le virus Covid-19 par l’intermédiaire du personnel des boulangeries et pâtisseries.  Les gens ont donc tendance à préparer eux même leur nourriture y compris le pain et les gâteaux. On constate qu’au début de la pandémie les gens faisaient la queue devant les boulangeries pour acheter du pain parfois en grande quantité qu’on conserve au congélateur, la vente a été même limitée au maximum à 5 baguettes. De nos jours, les ventes de pain ont très sensiblement chuté et les boulangeries/pâtisseries sont beaucoup moins fréquentées. Farine et semoule ne sont pas uniquement très convoitées par les habitants des régions rurales peu favorisées  mais également par les gens plus aisés.  

Pandémie et agriculture
Avec la pandémie et le risque de contamination et le confinement, les travaux agricoles connaissent de sérieuses perturbations. Pour les récoltes, la main d’œuvre se fait rare et fruits et légumes restent sur champ. Le problème de transport des ouvriers est un réel casse-tête pour les agriculteurs. Les difficultés d’acheminement des marchandises, suite au couvre feu, l’interdiction de circuler et l’obligation de chercher des autorisations, réduisent les quantités acheminées vers les marchés des centres urbains. L’interdiction de la tenue des marchés quotidiens ou hebdomadaires afin d’empêcher les attroupements et les foules, la fermeture des restaurants et la crise du tourisme  limitent les possibilités d’écoulement des fruits et légumes. Ces dernières se font rares et les prix grimpent. La rareté des fruits et légumes ne résulte nullement d’un manque de produits mais de difficultés de récolte et de logistique. La fermeture des frontières, les suspicions de contamination et les démarches administratives fastidieuses rendent difficiles les exportations des produits agricoles. Tout ce ci conduit à des pertes au niveau des agriculteurs et un gaspillage alimentaire important au niveau national.

A coté de l’aspect écoulement des récoltes et indisponibilité de la main d’œuvre, l’agriculteur est confronté à des difficultés d’approvisionnement en intrants pour ses cultures. Avec le confinement, trouver engrais, désherbants, pièces détachées pour réparation du matériel agricole et même mécaniciens devient problématique ce qui entraine des retards dans la réalisation des divers travaux agricoles qui risque d’avoir des incidences fâcheuses sur les prochaines récoltes.

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