RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
En pleine crise liée au coronavirus et en plein mois de ramadan, les gouvernements du Maghreb veillent au grain. Objectif : empêcher des pénuries ou la flambée des prix.
Ils font partie de la rare catégorie de travailleurs qui voit sa charge de travail décuplée ces jours-ci. De Rabat à Tunis, les employés de la répression des fraudes sont chargés d’une mission délicate : écumer les marchés et les commerces pour s’assurer que les prix ne flambent pas. À la veille du ramadan, la menace d’une insécurité alimentaire, décuplée par la pandémie de Covid-19, a affolé les gouvernants.
Leur crainte a été nourrie par un début de pénurie de farine et de semoule, deux produits incontournables dans les cuisines du Maghreb. Au point qu’en Algérie le gouvernement a temporairement interdit aux minoteries la vente directe au consommateur, réservant le monopole de la distribution aux commerçants détaillants et limitant les quantités d’achats pour chaque client. En Tunisie, le tarissement du marché a provoqué des mouvements protestataires. Un mois plus tard, la semoule n’est plus une denrée rare.
Lors d’une réunion interministérielle, le 22 avril, Chérif Omari, ministre algérien de l’Agriculture, a voulu rassurer sur l’existence de « stocks stratégiques » pour quinze produits de base – notamment le blé, les fruits et la poudre de lait –, annonçant la création d’une plateforme numérique pour suivre leur disponibilité sur les marchés.
Le même jour, en Tunisie, Mohamed Msilini tenait un discours identique. « Le ministère dispose d’un stock suffisant de produits de consommation de base », déclarait le ministre du Commerce. Dans son pays, l’approvisionnement du marché et le contrôle des prix frôlent l’affaire d’État. Au point qu’aussitôt installé, au début du mois de mars, le gouvernement d’Elyes Fakhfakh lui a consacré une réunion spéciale, quand les premiers cas de Covid-19 sont apparus sur le territoire.
Production nationale au Maroc
Au Maroc aussi, l’exécutif a redoublé d’efforts en amont pour éviter l’emballement spéculatif. À la mi-mars, les droits d’importations ont été suspendus, après que le ministère de l’Économie a relevé une nette hausse de la demande. Sept semaines plus tard, la facture globale d’importation recule… sauf pour les produits alimentaires. Sur les étals, pas de valse des étiquettes. « Dieu merci, tout est disponible ! Nous sommes plus ou moins normalement approvisionnés », souffle Ali, derrière son stand de fruits et légumes. « Prenez des dattes, elles viennent d’arriver, poursuit-il en se mettant à remplir un sachet. Je vous les laisse à 30 dirhams [moins de 3 euros] le kilo. »
Le prix annoncé par le vendeur de Bouznika est bien dans la fourchette annoncée par le département de l’Agriculture (20 à 40 dirhams/kg pour les variétés de qualité intermédiaire les plus consommées). Les 35 000 à 40 000 tonnes de dattes consommées lors du mois de ramadan sont largement couverts « par les stocks issus de la production nationale et les importations », assure le ministère, ajoutant que certains produits affichent une disponibilité dépassant l’offre.
source:jeuneafrique.com