RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
Le 1er volume du 6e rapport du GIEC sur le changement climatique vient d'être publié et - sans aucune surprise - il rend compte de l'ampleur et de la rapidité du changement climatique actuel. Vu l'inertie de nos sociétés sur cet enjeu pourtant crucial pour la stabilité de notre civilisation, notre planète continuera de se réchauffer bien au-delà des limites fixées par l'Accord de Paris.
Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été publié le 9 août 2021, 3 mois avant la COP 26 qui se déroulera du 1 au 12 novembre 2021 à Glasgow, en Écosse, et qui réunira les 195 États membres de la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques
e rapport du Groupe de travail I est le premier volet du sixième Rapport d'évaluation du GIEC, dont la publication s'achèvera en 2022. Ce rapport a été approuvé par 234 auteurs et 195 gouvernements. Il s'agit de la plus grande mise à jour de l'état des connaissances scientifiques sur le climat depuis la publication du rapport AR5 du GIEC en 2014, et son Rapport spécial 1.5 (SR1.5).
Ce nouveau rapport retentit comme une énième alarme sur le changement climatique, après la succession d'appels incompris, inécoutés et pourtant édifiants de dizaines de milliers de scientifiques dans le monde en 2017, 2018 et 2019 notamment.
« Ce rapport est le fruit d'efforts extraordinaires dans des circonstances exceptionnelles », a déclaré Hoesung Lee, président du GIEC. « Les innovations qu'il renferme, et les progrès qu'il met en lumière dans la science du climat, ont une valeur inestimable pour les négociations et les décisions touchant au climat ».
Ce rapport confirme une nouvelle fois que le climat évolue dans toutes les régions de notre planète et concerne l'ensemble du système climatique. Et, contrairement aux propos vains des climatosceptiques, les changements constatés observés sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d'années et sont la conséquence des activités humaines.
Le rapport du GIEC affirme que l'humanité est sans équivoque responsable du réchauffement climatique et que nous modifions durablement la planète. Les incendies et les inondations des dernières semaines et des derniers mois montrent comment nous modifions le système climatique et que certains des impacts sont irréversibles.
Ces conclusions consolident la certitude des évaluations précédentes du GIEC. En 2019, le volume de CO2 dans l'air était à un niveau jamais atteint depuis au moins deux millions d'années tandis que les concentrations de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (N2O), deux autres puissants gaz à effet de serre, n'avaient pas été aussi élevées depuis au moins 800 000 ans (A.2.1, page 9).
Notre planète se réchauffe beaucoup trop vite
A lire sur ce sujet :
2017, deuxième année la plus chaude depuis 1880... Il est déjà trop tard...
La science comme fondement pour l’action contre le changement climatique
Principales conclusions du rapport du GIEC : il faut agir d'urgence
Bilan des changements climatiques : impacts, adaptation et vulnérabilité
Le rythme du réchauffement climatique s'accélère : la température moyenne de la planète a augmenté plus rapidement depuis 1970 qu'en n'importe quelle autre période de 50 ans au cours des deux derniers millénaires voire davantage.
Ainsi, le rapport montre que les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines ont élevé les températures d'environ 1,1 °C depuis la période 1850-1900 et conclut que la température mondiale, en moyenne sur les 20 prochaines années, devrait atteindre ou franchir le seuil de 1,5 °C.
Sans réductions rapides, massives et soutenues des émissions de gaz à effet de serre, la limitation du réchauffement aux alentours de 1,5 °C, ou même à 2 °C, sera hors de portée. C'est le scénario qui nous attend avec une quasi certitude puisque les décideurs n'ont jamais pris de mesure drastique et continuent de ne pas considérer cet enjeu de civilisation à sa juste valeur. Seuls les premiers confinements stricts engendrés par la pandémie de COVID-19 durant l'année 2020 ont permis de diminuer les émissions mondiales de CO2.
Par conséquent, cette limite - pourtant fixée par l'Accord de Paris - sera certainement attente et même dépassée. Dorénavant, si les gouvernements et les politiques souhaitent parvenir aux objectifs de l'accord de Paris, ils devront aller plus loin et plus vite que les scénarios identifiés dans le rapport 1.5 du GIEC de 2018.
La principale conclusion du rapport de 2019 était que les gouvernements devaient réduire de moitié les émissions d'ici à 2030 pour nous donner la meilleure opportunité de limiter l'augmentation de la température à 1.5°C.
"Ce qu'il faut retenir de ce 6e rapport du GIEC c'est que les objectifs soumis par les gouvernements dans le cadre de l'Accord de Paris sont insuffisants pour maintenir l'augmentation de la température en dessous de 1,5 °C, voire 2 °C. Sans exception, toutes les projections climatiques montrent que les événements météorologiques graves deviendront plus fréquents et plus intenses avec l'augmentation des températures, car nous, les humains, ne limitons pas suffisamment nos émissions." (Dr Roxy Mathew Koll, auteur principal du rapport du GIEC sur les océans et la cryosphère, Institut indien de météorologie tropicale).
Ce rapport nous confronte à la réalité », a déclaré Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Groupe de travail I du GIEC. « Nous avons aujourd'hui une image beaucoup plus claire du climat passé, présent et futur, ce qui est essentiel pour comprendre ce vers quoi nous allons, ce qui peut être fait et comment nous préparer.»
La modification du climat n'est pas ressentie de la même façon partout, ce n'est pas uniforme et des variations locales peuvent prêter à confusion. Par exemple, l'été 2021 en France a été particulièrement frais et pluvieux (à cause de gouttes froides successives) mais l'ensemble de l'Europe a connu son 2e mois de juillet le plus chaud jamais enregistré et plusieurs records ont été battus.
De plus, le réchauffement est plus prononcé sur les terres émergées que sur l'ensemble du globe et il excède le double de la moyenne mondiale dans l'Arctique, ce qui peut conduire à des appréciations nuancées. Cependant, « le changement climatique touche déjà toutes les régions de la Terre de multiples façons. Les changements observés augmenteront avec tout réchauffement supplémentaire », a déclaré Panmao Zhai, coprésident du Groupe de travail I du GIEC.
Changement climatique : quelles conséquences ?
Dans le cas d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C, les vagues de chaleur seront plus nombreuses, les saisons chaudes plus longues et les saisons froides plus courtes. Avec une hausse de 2 °C, les chaleurs extrêmes atteindront plus souvent des seuils de tolérance critiques pour l'agriculture et la santé publique.
Mais cette hausse des températures a déjà des conséquences visibles qui modifient l'humidité et la sécheresse, les vents, la couverture neigeuse et glaciaire, les zones côtières et les océans.
Modification du cycle de l'eau et des précipitations
Le changement climatique intensifie le cycle de l'eau. Cela engendre des pluies plus intenses et donc des inondations mais aussi des sécheresses plus intenses dans de nombreuses régions.
En effet, le changement climatique modifie la répartition des pluies. Il est probable que les précipitations augmenteront aux hautes latitudes, alors qu'une baisse est projetée dans une grande partie des régions subtropicales. Des changements sont attendus dans les pluies de mousson, qui varieront d'une région à l'autre.
Elevation du niveau de la mer
L'augmentation continue du niveau de la mer est déjà en cours et est dorénavant irréversible sur des centaines ou des milliers d'années.
Ainsi, les zones côtières seront confrontées à l'élévation du niveau de la mer tout au long du XXIe siècle, qui contribuera à accroître la fréquence et la gravité des inondations dans les zones de faible altitude et à accentuer l'érosion du littoral. Les épisodes extrêmes de submersion marine qui survenaient une fois tous les 100 ans dans le passé pourraient se produire tous les ans d'ici à la fin du siècle.
Le niveau des océans va continuer à augmenter pendant des centaines voire des milliers d'années même dans le plus optimiste des scénarios (D1.6, page 39).
Selon le scénario intermédiaire SSP2-4.5, le niveau moyen des océans va augmenter dans une fourchette comprise entre 44 cm à 76 cm d'ici 2100 (par rapport au niveau 1995-2014).
Fonte des glaciers et du pergélisol
La poursuite du réchauffement amplifiera le dégel du pergélisol, la perte de manteau neigeux saisonnier, la fonte des glaciers, des calottes glaciaires et la diminution de la superficie et épaisseur de la banquise arctique en été.
Les glaciers des montagnes et des pôles sont condamnés à fondre pour encore des décennies voire des siècles alors que la libération par dégel du carbone contenu dans le pergélisol, considérée sur une période de plus de 1000 ans, est irréversible (B.5.2, page 28).
Modifications des océans
Les changements dans l'océan, dont le réchauffement, la fréquence accrue des vagues de chaleur marines, l'acidification et la baisse de la teneur en oxygène, ont été clairement reliés aux activités humaines. Ils affectent les écosystèmes marins, aussi bien que les populations qui dépendent de ceux-ci, et ils se poursuivront au moins jusqu'à la fin de ce siècle.
Vagues de chaleur et îlots de chaleur urbain
La fréquence des vagues de chaleur marines a doublé depuis les années 1980. L'influence humaine a très probablement contribué à la plupart d'entre elles depuis au moins 2006.
Il est possible que certains aspects du changement climatique soient accentués dans les villes, notamment la chaleur (les milieux urbains étant souvent plus chauds que les zones environnantes, c'est l'îlot de chaleur urbain).
Augmentation des risques naturels extrêmes
Chaque dixième de degré compte : chaque augmentation supplémentaire du réchauffement climatique accroît l'importance, la fréquence et l'intensité des évolutions attendues des événements extrêmes. (B2.2, page 19, Figure RID5, page 21). Les incendies et les inondations du type de ceux que nous avons vus cet été se multiplient à mesure que le réchauffement modifie le système climatique.
Quel scénario suivons-nous ?
Le scénario SSP2-4.5 reflète le plus fidèlement la trajectoire des émissions sur laquelle la somme des engagements climatiques (NDC) nous porte actuellement. Dans ce scénario, le CO2 continue d'augmenter et se stabilise vers le milieu du siècle, avant de commencer à diminuer, puis avec une plus forte baisse juste avant la fin du siècle. Le méthane continue d'augmenter, commençant à baisser vers le milieu du siècle. Le protoxyde d'azote est le gaz qui a le plus tendance à augmenter et ne diminue pas avant que la seconde moitié du siècle ne soit bien entamée. Estimation la plus réaliste : +2,7°C en 2 100. (Figure SPM4, panneau a, page 17 et Tableau SPM1, page 18).
« Il est clair depuis des décennies que le climat de la Terre change, et l'incidence des activités humaines sur le système climatique est incontestable », a affirmé Mme Masson-Delmotte. Il est clairement établi que le dioxyde de carbone (CO2) est le principal moteur du changement climatique, même si d'autres gaz à effet de serre et divers polluants atmosphériques affectent eux aussi le climat, notamment le méthane largement émis par l'agriculture et notamment l'élevage.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est l'organe des Nations Unies chargé d'évaluer les travaux scientifiques consacrés aux changements climatiques. Créé en 1988 par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM), il a pour mission de fournir aux décideurs, à intervalles réguliers, des évaluations scientifiques concernant les changements climatiques, leurs conséquences et leurs risques et de présenter des stratégies d'adaptation et d'atténuation. La même année, l'Assemblée générale des Nations Unies approuvait cette initiative de l'OMM et du PNUE. Le GIEC compte 195 États Membres.
Des milliers de personnes contribuent aux travaux du GIEC dans le monde entier. Pour rédiger les rapports d'évaluation, les scientifiques du GIEC étudient bénévolement les milliers d'articles scientifiques publiés chaque année afin de parvenir à une synthèse exhaustive de ce que l'on sait des facteurs du changement climatique, de ses impacts et des risques futurs, ainsi que de la manière dont l'adaptation et l'atténuation peuvent réduire ces risques.
Le GIEC compte trois groupes de travail: le Groupe de travail I se charge des éléments scientifiques de l'évolution du climat, le Groupe de travail II des conséquences, de l'adaptation et de la vulnérabilité, et le Groupe de travail III de l'atténuation du changement climatique. Il compte également une Équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre qui élabore des méthodes afin de mesurer les émissions et les éliminations de gaz à effet de serre. Au sein du GIEC, l'Équipe spéciale pour les données servant aux évaluations du changement climatique fournit au Centre de diffusion de données des indications sur la conservation, la traçabilité, la stabilité, la disponibilité et la transparence des données et des scénarios afférents aux rapports du GIEC.
source : www.notre-planete.info
Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été publié le 9 août 2021, 3 mois avant la COP 26 qui se déroulera du 1 au 12 novembre 2021 à Glasgow, en Écosse, et qui réunira les 195 États membres de la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques
e rapport du Groupe de travail I est le premier volet du sixième Rapport d'évaluation du GIEC, dont la publication s'achèvera en 2022. Ce rapport a été approuvé par 234 auteurs et 195 gouvernements. Il s'agit de la plus grande mise à jour de l'état des connaissances scientifiques sur le climat depuis la publication du rapport AR5 du GIEC en 2014, et son Rapport spécial 1.5 (SR1.5).
Ce nouveau rapport retentit comme une énième alarme sur le changement climatique, après la succession d'appels incompris, inécoutés et pourtant édifiants de dizaines de milliers de scientifiques dans le monde en 2017, 2018 et 2019 notamment.
« Ce rapport est le fruit d'efforts extraordinaires dans des circonstances exceptionnelles », a déclaré Hoesung Lee, président du GIEC. « Les innovations qu'il renferme, et les progrès qu'il met en lumière dans la science du climat, ont une valeur inestimable pour les négociations et les décisions touchant au climat ».
Ce rapport confirme une nouvelle fois que le climat évolue dans toutes les régions de notre planète et concerne l'ensemble du système climatique. Et, contrairement aux propos vains des climatosceptiques, les changements constatés observés sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d'années et sont la conséquence des activités humaines.
Le rapport du GIEC affirme que l'humanité est sans équivoque responsable du réchauffement climatique et que nous modifions durablement la planète. Les incendies et les inondations des dernières semaines et des derniers mois montrent comment nous modifions le système climatique et que certains des impacts sont irréversibles.
Ces conclusions consolident la certitude des évaluations précédentes du GIEC. En 2019, le volume de CO2 dans l'air était à un niveau jamais atteint depuis au moins deux millions d'années tandis que les concentrations de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (N2O), deux autres puissants gaz à effet de serre, n'avaient pas été aussi élevées depuis au moins 800 000 ans (A.2.1, page 9).
Notre planète se réchauffe beaucoup trop vite
A lire sur ce sujet :
2017, deuxième année la plus chaude depuis 1880... Il est déjà trop tard...
La science comme fondement pour l’action contre le changement climatique
Principales conclusions du rapport du GIEC : il faut agir d'urgence
Bilan des changements climatiques : impacts, adaptation et vulnérabilité
Le rythme du réchauffement climatique s'accélère : la température moyenne de la planète a augmenté plus rapidement depuis 1970 qu'en n'importe quelle autre période de 50 ans au cours des deux derniers millénaires voire davantage.
Ainsi, le rapport montre que les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines ont élevé les températures d'environ 1,1 °C depuis la période 1850-1900 et conclut que la température mondiale, en moyenne sur les 20 prochaines années, devrait atteindre ou franchir le seuil de 1,5 °C.
Sans réductions rapides, massives et soutenues des émissions de gaz à effet de serre, la limitation du réchauffement aux alentours de 1,5 °C, ou même à 2 °C, sera hors de portée. C'est le scénario qui nous attend avec une quasi certitude puisque les décideurs n'ont jamais pris de mesure drastique et continuent de ne pas considérer cet enjeu de civilisation à sa juste valeur. Seuls les premiers confinements stricts engendrés par la pandémie de COVID-19 durant l'année 2020 ont permis de diminuer les émissions mondiales de CO2.
Par conséquent, cette limite - pourtant fixée par l'Accord de Paris - sera certainement attente et même dépassée. Dorénavant, si les gouvernements et les politiques souhaitent parvenir aux objectifs de l'accord de Paris, ils devront aller plus loin et plus vite que les scénarios identifiés dans le rapport 1.5 du GIEC de 2018.
La principale conclusion du rapport de 2019 était que les gouvernements devaient réduire de moitié les émissions d'ici à 2030 pour nous donner la meilleure opportunité de limiter l'augmentation de la température à 1.5°C.
"Ce qu'il faut retenir de ce 6e rapport du GIEC c'est que les objectifs soumis par les gouvernements dans le cadre de l'Accord de Paris sont insuffisants pour maintenir l'augmentation de la température en dessous de 1,5 °C, voire 2 °C. Sans exception, toutes les projections climatiques montrent que les événements météorologiques graves deviendront plus fréquents et plus intenses avec l'augmentation des températures, car nous, les humains, ne limitons pas suffisamment nos émissions." (Dr Roxy Mathew Koll, auteur principal du rapport du GIEC sur les océans et la cryosphère, Institut indien de météorologie tropicale).
Ce rapport nous confronte à la réalité », a déclaré Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Groupe de travail I du GIEC. « Nous avons aujourd'hui une image beaucoup plus claire du climat passé, présent et futur, ce qui est essentiel pour comprendre ce vers quoi nous allons, ce qui peut être fait et comment nous préparer.»
La modification du climat n'est pas ressentie de la même façon partout, ce n'est pas uniforme et des variations locales peuvent prêter à confusion. Par exemple, l'été 2021 en France a été particulièrement frais et pluvieux (à cause de gouttes froides successives) mais l'ensemble de l'Europe a connu son 2e mois de juillet le plus chaud jamais enregistré et plusieurs records ont été battus.
De plus, le réchauffement est plus prononcé sur les terres émergées que sur l'ensemble du globe et il excède le double de la moyenne mondiale dans l'Arctique, ce qui peut conduire à des appréciations nuancées. Cependant, « le changement climatique touche déjà toutes les régions de la Terre de multiples façons. Les changements observés augmenteront avec tout réchauffement supplémentaire », a déclaré Panmao Zhai, coprésident du Groupe de travail I du GIEC.
Changement climatique : quelles conséquences ?
Dans le cas d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C, les vagues de chaleur seront plus nombreuses, les saisons chaudes plus longues et les saisons froides plus courtes. Avec une hausse de 2 °C, les chaleurs extrêmes atteindront plus souvent des seuils de tolérance critiques pour l'agriculture et la santé publique.
Mais cette hausse des températures a déjà des conséquences visibles qui modifient l'humidité et la sécheresse, les vents, la couverture neigeuse et glaciaire, les zones côtières et les océans.
Modification du cycle de l'eau et des précipitations
Le changement climatique intensifie le cycle de l'eau. Cela engendre des pluies plus intenses et donc des inondations mais aussi des sécheresses plus intenses dans de nombreuses régions.
En effet, le changement climatique modifie la répartition des pluies. Il est probable que les précipitations augmenteront aux hautes latitudes, alors qu'une baisse est projetée dans une grande partie des régions subtropicales. Des changements sont attendus dans les pluies de mousson, qui varieront d'une région à l'autre.
Elevation du niveau de la mer
L'augmentation continue du niveau de la mer est déjà en cours et est dorénavant irréversible sur des centaines ou des milliers d'années.
Ainsi, les zones côtières seront confrontées à l'élévation du niveau de la mer tout au long du XXIe siècle, qui contribuera à accroître la fréquence et la gravité des inondations dans les zones de faible altitude et à accentuer l'érosion du littoral. Les épisodes extrêmes de submersion marine qui survenaient une fois tous les 100 ans dans le passé pourraient se produire tous les ans d'ici à la fin du siècle.
Le niveau des océans va continuer à augmenter pendant des centaines voire des milliers d'années même dans le plus optimiste des scénarios (D1.6, page 39).
Selon le scénario intermédiaire SSP2-4.5, le niveau moyen des océans va augmenter dans une fourchette comprise entre 44 cm à 76 cm d'ici 2100 (par rapport au niveau 1995-2014).
Fonte des glaciers et du pergélisol
La poursuite du réchauffement amplifiera le dégel du pergélisol, la perte de manteau neigeux saisonnier, la fonte des glaciers, des calottes glaciaires et la diminution de la superficie et épaisseur de la banquise arctique en été.
Les glaciers des montagnes et des pôles sont condamnés à fondre pour encore des décennies voire des siècles alors que la libération par dégel du carbone contenu dans le pergélisol, considérée sur une période de plus de 1000 ans, est irréversible (B.5.2, page 28).
Modifications des océans
Les changements dans l'océan, dont le réchauffement, la fréquence accrue des vagues de chaleur marines, l'acidification et la baisse de la teneur en oxygène, ont été clairement reliés aux activités humaines. Ils affectent les écosystèmes marins, aussi bien que les populations qui dépendent de ceux-ci, et ils se poursuivront au moins jusqu'à la fin de ce siècle.
Vagues de chaleur et îlots de chaleur urbain
La fréquence des vagues de chaleur marines a doublé depuis les années 1980. L'influence humaine a très probablement contribué à la plupart d'entre elles depuis au moins 2006.
Il est possible que certains aspects du changement climatique soient accentués dans les villes, notamment la chaleur (les milieux urbains étant souvent plus chauds que les zones environnantes, c'est l'îlot de chaleur urbain).
Augmentation des risques naturels extrêmes
Chaque dixième de degré compte : chaque augmentation supplémentaire du réchauffement climatique accroît l'importance, la fréquence et l'intensité des évolutions attendues des événements extrêmes. (B2.2, page 19, Figure RID5, page 21). Les incendies et les inondations du type de ceux que nous avons vus cet été se multiplient à mesure que le réchauffement modifie le système climatique.
Quel scénario suivons-nous ?
Le scénario SSP2-4.5 reflète le plus fidèlement la trajectoire des émissions sur laquelle la somme des engagements climatiques (NDC) nous porte actuellement. Dans ce scénario, le CO2 continue d'augmenter et se stabilise vers le milieu du siècle, avant de commencer à diminuer, puis avec une plus forte baisse juste avant la fin du siècle. Le méthane continue d'augmenter, commençant à baisser vers le milieu du siècle. Le protoxyde d'azote est le gaz qui a le plus tendance à augmenter et ne diminue pas avant que la seconde moitié du siècle ne soit bien entamée. Estimation la plus réaliste : +2,7°C en 2 100. (Figure SPM4, panneau a, page 17 et Tableau SPM1, page 18).
« Il est clair depuis des décennies que le climat de la Terre change, et l'incidence des activités humaines sur le système climatique est incontestable », a affirmé Mme Masson-Delmotte. Il est clairement établi que le dioxyde de carbone (CO2) est le principal moteur du changement climatique, même si d'autres gaz à effet de serre et divers polluants atmosphériques affectent eux aussi le climat, notamment le méthane largement émis par l'agriculture et notamment l'élevage.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est l'organe des Nations Unies chargé d'évaluer les travaux scientifiques consacrés aux changements climatiques. Créé en 1988 par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM), il a pour mission de fournir aux décideurs, à intervalles réguliers, des évaluations scientifiques concernant les changements climatiques, leurs conséquences et leurs risques et de présenter des stratégies d'adaptation et d'atténuation. La même année, l'Assemblée générale des Nations Unies approuvait cette initiative de l'OMM et du PNUE. Le GIEC compte 195 États Membres.
Des milliers de personnes contribuent aux travaux du GIEC dans le monde entier. Pour rédiger les rapports d'évaluation, les scientifiques du GIEC étudient bénévolement les milliers d'articles scientifiques publiés chaque année afin de parvenir à une synthèse exhaustive de ce que l'on sait des facteurs du changement climatique, de ses impacts et des risques futurs, ainsi que de la manière dont l'adaptation et l'atténuation peuvent réduire ces risques.
Le GIEC compte trois groupes de travail: le Groupe de travail I se charge des éléments scientifiques de l'évolution du climat, le Groupe de travail II des conséquences, de l'adaptation et de la vulnérabilité, et le Groupe de travail III de l'atténuation du changement climatique. Il compte également une Équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre qui élabore des méthodes afin de mesurer les émissions et les éliminations de gaz à effet de serre. Au sein du GIEC, l'Équipe spéciale pour les données servant aux évaluations du changement climatique fournit au Centre de diffusion de données des indications sur la conservation, la traçabilité, la stabilité, la disponibilité et la transparence des données et des scénarios afférents aux rapports du GIEC.
source : www.notre-planete.info