RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
La guerre en Ukraine contribue à faire flamber les cours des produits de fertilisation des cultures, dont la Russie est le deuxième exportateur mondial.
Plus de 1 000 euros la tonne d’engrais azoté, le plus prisé. Du jamais-vu, au dire du monde agricole. L’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, a contribué à enflammer le cours des produits de fertilisation des plantes. Une situation qui n’est pas sans risque. Entre craintes de pénurie et inquiétudes de ne pouvoir payer les engrais au prix fort, le dilemme assombrit les perspectives de production des céréales, et en particulier de blé, sur la planète.
Avec la guerre, le monde agricole découvre sa dépendance à la Russie, les produits phytosanitaires étant l’exemple le plus frappant. D’abord parce qu’elle en est un producteur et un exportateur de poids. « La Russie est le deuxième exportateur mondial, derrière la Chine et devant le Qatar », confirme Thierry Pouch, économiste des chambres d’agriculture. Ensuite, et peut-être de façon plus structurelle, de par sa production gazière. Ces fertilisants sont, en effet, fabriqués à partir d’ammoniac, obtenu en combinant l’azote de l’air et l’hydrogène provenant du gaz naturel. Or, l’essentiel du coût de production de l’ammoniac est lié à celui de cet hydrocarbure.
Le sort de l’Europe est tout particulièrement lié à la Russie, dans la mesure où 40 % de l’approvisionnement des Vingt-Sept en gaz émanent actuellement de ce pays. Mais aussi le quart des achats d’azote, de potasse et de phosphate dont se nourrissent les plantes. « En France, nous importons 70 % de nos besoins, mais la part de la Russie est limitée », explique Nicolas Broutin, PDG de la filiale française du fabricant d’engrais norvégien Yara.
Il estime que le grand public a découvert « que l’on fabriquait de la nourriture à partir du gaz » à l’automne 2021, lors du premier choc énergétique. Après la reprise économique suivant la pandémie de Covid-19, la perspective de la guerre en Ukraine n’a fait qu’accélérer les hausses du coût de l’énergie et des matières premières. Au point que certains fabricants d’engrais ont ralenti leur production européenne, en particulier d’ammoniac, fin 2021, à l’image des usines de yara
source:lemonde.fr