RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

La filière laitière en Tunisie traverse une période difficile. La production du lait a significativement diminué, plaçant les éleveurs dans une situation financière délicate. La crise est multifactorielle.

Les coûts de production ont grimpé en raison de l’augmentation des prix des intrants, particulièrement les fourrages. Cela a créé une pression financière sur les éleveurs qui luttent déjà pour maintenir leur rentabilité. L’impact est significatif.
La filière laitière représente actuellement 3 % du PIB agricole tunisien, et la réduction de la production a déjà entraîné une perte estimée à 50 millions de dinars tunisiens pour l’économie.


Dans ce contexte, les producteurs subissent des pertes importantes, estimées à environ 700 millimes par litre de lait produit. Du côté des collecteurs et des industriels, les marges bénéficiaires ont diminué d’environ 30 %. Pour restaurer l’équilibre financier des producteurs, une révision des politiques de prix est jugée indispensable.

Les professionnels du secteur ont proposé une augmentation d’au moins 500 millimes par litre de lait. Parallèlement, des efforts devraient être faits pour faciliter l’importation de fourrages à des prix compétitifs.

SYNAGRI explique la baisse de la production

Le président du Syndicat des agriculteurs de Tunisie (SYNAGRI), Karim Daoud, a tenté de rassurer les consommateurs sur les ondes d’Express FM en affirmant que la prochaine période de basse lactation ne devrait pas susciter d’inquiétude, car tout déficit pourrait être comblé par l’importation.

Toutefois, il a exprimé des préoccupations concernant la diminution continue de la production laitière nationale, qui est en déclin depuis plusieurs années.

Selon lui, la production laitière dépend du nombre de vaches, de la productivité de la filière, et du travail des éleveurs. Le cheptel actuel compte environ 160 000 têtes, contre 200 000 à 250 000 têtes il y a trois à quatre ans.

Cette baisse est principalement due à la sécheresse et à la hausse des prix des fourrages, en particulier ceux importés. Pendant ce temps, le prix de vente du lait reste fixé, tandis que le coût de la viande rouge continue de grimper.


Daoud a souligné que le coût de production d’un litre de lait varie entre 1,5 et 1,8 dinar selon le mode de production, alors que les agriculteurs le vendent aux centres de collecte à 1,34 dinar, entraînant une perte de 0,2 à 0,5 dinar par litre.

Il a ainsi appelé à une révision urgente des prix de vente du lait aux centres de collecte, proposant un tarif compris entre 1,6 et 1,7 dinar le litre, en plus de la marge de bénéfice.
Mise en place d’un plan de développement quinquennal

En Tunisie, un plan de développement quinquennal a été mis en place pour promouvoir le secteur de l’élevage bovin sur la base de données économiques et techniques concernant l’ensemble des éleveurs. Ces données sont relatives à la superficie des terres, le nombre de vaches, les méthodes de traite des vaches, a fait savoir le représentant d’une société de collecte de lait du Cap Bon.


L’objectif essentiel étant, selon le responsable, de préserver le cheptel et de ne pas s’en débarrasser par la vente. Il s’agit d’adopter une politique d’achat des génisses au cas où l’agriculteur souhaite abandonner son troupeau lorsqu’il n’a pas de quantités de fourrage suffisantes pour le préserver. Ce troupeau est ensuite vendu à un autre agriculteur qui dispose de ressources fourragères permettant de l’élever.

A vrai dire, les crises offrent souvent une opportunité de repenser les systèmes en place. En investissant dans des pratiques durables, il serait possible non seulement surmonter la crise actuelle mais également créer une filière laitière plus robuste et alignée sur les besoins futurs.
Il faut travailler à diversifier les sources d’alimentation du bétail, favorisant une agriculture plus résiliente face aux changements climatiques. La crise du lait est un défi, mais c’est aussi une opportunité de repenser et de revitaliser le secteur laitier en Tunisie . Chacun peut contribuer à bâtir un avenir plus robuste et durable (…).

source:africanmanager.com