RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

En Inde, les filières sucre et éthanol sont intimement liées. Alors que le premier a toujours été favorisé par les interventions publiques, la roue tourne progressivement en faveur du biocarburant qui est perçu comme un atout dans la lutte contre le changement climatique.

En Inde, les autorités envisagent de maintenir les restrictions sur les exportations de sucre pour la deuxième année consécutive durant la nouvelle campagne 2024/2025 qui débutera en octobre prochain.

Selon des sources proches du gouvernement, citées par Reuters, cette mesure s’inscrirait dans un contexte de baisse attendue de la production locale liée aux pluies irrégulières qui ont affecté les rendements de la canne dans les États du Maharashtra et du Karnataka qui pèsent pour plus de la moitié de l’offre nationale du produit.

En raison de cet épisode météorologique peu favorable, la production indienne de sucre est attendue à 32 millions de tonnes durant la campagne à venir contre 34 millions de tonnes estimées pour l’exercice devant s’achever le 1er septembre.

Sur un autre plan, la limitation à l’export du sucre serait la dernière mesure en date de la stratégie des autorités visant à augmenter la part d’éthanol dans l’essence à 20 % d’ici 2025-2026 contre 13-14 % actuellement.  

Avec une telle décision, les autorités veulent ainsi inciter les transformateurs à consacrer davantage de quantité de canne à la production du biocarburant en plus du plan actuellement à l’étude qui vise à augmenter le prix de cession par les sucreries de l’éthanol aux compagnies pétrolières.  

Alors que déjà en 2023/2024, les exportations indiennes de sucre avaient reculé de moitié par rapport à l’année précédente, la perspective d’une réduction de la présence du pays asiatique sur le marché fait naître de craintes.

Couplée aux impacts de la sécheresse et des incendies du côté du Brésil, premier exportateur mondial, cette situation pourrait bousculer d’ici la fin de l’année la relative accalmie sur les marchés.

En effet, depuis 3 mois, les cours du Sucre brut n°11 (contrat de référence mondial) pour livraison en octobre sur la bourse ICE fluctuent en dessous de la barre des 20 cents la livre (0,45 kg) après avoir atteint un sommet en février dernier (22,9 cents/livre).    

En Afrique, le Soudan, la Libye, le Kenya, Djibouti, la Somalie, la Tunisie et la Tanzanie, principales destinations de l’Inde sur le continent pourraient être les pays les plus touchés par les mesures anticipées.   

Source : https://www.agenceecofin.com/sucre/1009-121404-sucre-vers-une-reconduction-des-restrictions-a-l-export-de-l-inde-pour-2024/2025