RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

(Agence Ecofin) - En Afrique du Nord, la sécheresse qui dure depuis plus de six ans représente un véritable casse-tête pour les gouvernements en ce qui concerne l’agriculture. À cette contrainte climatique qui compromet la productivité des exploitations, s’ajoute désormais une menace d’invasion acridienne.
La FAO tire la sonnette d’alarme sur une recrudescence inhabituelle de l’activité de criquets pèlerins en Afrique du Nord. Dans un communiqué publié sur son site le 29 avril, l’organisation onusienne indique que cette activité acridienne s’est intensifiée entre fin février et mars, avec l’arrivée de groupes d’adultes et de petits essaims dans le centre de l’Algérie, l’ouest de la Libye et le sud de la Tunisie.
« En raison de conditions écologiques favorables, la saison actuelle de reproduction printanière connaît des infestations nettement plus importantes que d’ordinaire. Les vents et les précipitations ont favorisé la migration vers le nord des criquets pèlerins depuis le sud de l’Algérie, le nord du Mali, le Niger et le Tchad », explique la FAO.
D’après Cyril Piou, responsable du suivi et des prévisions acridiennes, les premiers signes de ponte et de formation de bandes larvaires ont déjà été détectés, laissant présager une multiplication des essaims dès le mois de mai.

Une menace directe pour les récoltes

Dans les pays d’Afrique du Nord, la saison de récolte céréalière commence généralement au mois de mai et dure environ deux à trois mois. La menace supplémentaire des invasions de criquets pèlerins fait planer le spectre d’une perturbation de l’offre alimentaire dans la région déjà confrontée à une sécheresse qui dure depuis plus de six ans et affecte la productivité agricole. 
Dans son rapport « Perspectives des récoltes et situation alimentaire », publié en mars dernier, la FAO projetait déjà que la récolte globale de céréales en Afrique du Nord en 2025 devrait se situer en dessous de la moyenne enregistrée au cours des cinq dernières années, en raison des conditions climatiques sèches.
Alors qu’un seul kilomètre carré d’essaim représente jusqu’à 80 millions de criquets, capables de consommer autant de nourriture qu’une ville moyenne, l’organisation appelle les pays de la région (Maroc, Algérie, Tunisie et Libye) à lancer d’urgence des campagnes de prospection au sol et à mobiliser les équipes de lutte. Au-delà de la menace immédiate sur les récoltes, l’enjeu est aussi économique et social. Une perte significative de production mettrait à rude épreuve les stocks nationaux, accroîtrait les besoins d’importation et exposerait les ménages les plus vulnérables à une pression accrue sur les prix.
Plus largement, la résurgence de la menace acridienne met en lumière la nécessité d’investir dans des systèmes d’alerte précoce et des mécanismes de réponse rapide. Sans ces outils, chaque saison agricole reste à la merci d’un essaim imprévisible.

Stéphanas Assocle

source: agenceecofin.com