RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

Après deux années d’interruption, la filière tunisienne de la betterave sucrière retrouve des couleurs. La société Ginor annonce avoir achevé avec succès la phase de semis de la campagne agricole en cours, dans des conditions jugées favorables grâce à des pluies qui ont facilité l’installation des cultures.
Au total, 1 400 hectares ont été emblavés, une superficie présentée comme suffisante pour aborder la saison avec un niveau d’équilibre jugé satisfaisant.

1 400 hectares semés, un redémarrage sous conditions climatiques favorables

Dans une culture aussi dépendante de la météo et du calendrier agricole, la période de semis représente une étape déterminante. Selon les éléments communiqués, le démarrage s’est déroulé sans heurts majeurs, ce qui constitue en soi un indicateur encourageant pour une filière qui repart après une pause prolongée.
Mais au-delà du chiffre global, l’élément le plus marquant de cette campagne se joue ailleurs : dans l’extension géographique de la culture.

Des essais au centre-sud qui changent l’échelle

L’année dernière, des cultures expérimentales ont été menées sur une vingtaine de parcelles, pour une superficie totale de 10 hectares, dans plusieurs régions du centre et du sud. Les essais ont concerné notamment les gouvernorats de Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa, Tataouine, Mahdia, Kairouan et Gabès.

Ces essais ont visiblement joué un rôle de déclencheur : encouragés par les résultats enregistrés, les agriculteurs de ces régions ont, selon les mêmes informations, largement adhéré au projet, permettant d’atteindre près de 500 hectares au centre et au sud cette saison.
La progression est spectaculaire par rapport à la phase pilote (10 hectares), mais elle s’explique aussi par la nature même de l’expérimentation : un test limité, avant passage à l’échelle.

Un enjeu stratégique : sortir la betterave du seul nord-ouest

Cette montée en puissance est présentée comme un tournant : la betterave sucrière ne serait plus cantonnée au nord-ouest, mais pourrait s’installer progressivement dans de nouveaux bassins de production. À la clé, plusieurs promesses : diversification des grandes cultures, nouvelles opportunités agricoles et meilleure organisation des rotations.
C’est ici que le lien avec les céréales mérite d’être clarifié : l’intérêt n’est pas que la betterave “remplace” le blé, mais qu’elle s’intègre dans une logique de rotations plus performantes, susceptibles d’améliorer la gestion des sols, de mieux répartir les cycles de travail et de structurer des filières contractuelles autour d’objectifs industriels (collecte, transformation, valorisation).

Cap sur 3 000 hectares : l’ambition d’un retour en force

Le défi est désormais de consolider le redémarrage. Ginor affirme viser plus de 3 000 hectares lors de la prochaine campagne, dont environ 1 000 hectares dans le centre et le sud.
Si cet objectif se confirme, la filière changerait d’échelle en très peu de temps. En effet, avec un objectif de 3 000 hectares, la relance de la betterave sucrière prend une dimension stratégique pour la Tunisie : elle ouvre la voie à une autosuffisance partielle et à une meilleure sécurisation de l’approvisionnement national en sucre.
Au-delà des volumes, cette montée en puissance permettrait de réactiver une filière complète – des agriculteurs à l’outil industriel – tout en créant davantage de valeur localement, en stimulant l’activité dans les régions concernées et en réduisant, progressivement, la pression sur les importations et sur les devises du pays.

source: tunisienumerique.com