RÉPUBLIQUE TUNISIENNE | MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES HYDRAULIQUE ET DE LA PECHE
Depuis sa première édition en 2017, cet événement est devenu l'un des plus importants en Europe et le seul en Italie entièrement dédié à ces secteurs stratégiques.
La Tunisie sera présente demain et jeudi à AquaFarm, le salon international dédié à l'aquaculture, à la conchyliculture et à la pêche durable, qui se tient à Pordenone. Depuis sa première édition en 2017, cet événement est devenu l'un des plus importants d'Europe et le seul en Italie entièrement consacré à ces secteurs stratégiques. Accueilli par Pordenone Fiere, l'un des principaux parcs des expositions du nord-est de l'Italie, AquaFarm rassemble l'ensemble de la chaîne de valeur de la production et de la commercialisation aquacoles. L'élevage de poissons et de coquillages est aujourd'hui l'une des activités de production alimentaire connaissant la plus forte croissance au monde, répondant à la demande croissante en protéines et au besoin de modèles de production plus durables.
Le secteur de l'économie bleue méditerranéenne trouve un nouveau pôle stratégique à Pordenone, où la participation de la Tunisie à AquaFarm 2026 n'est plus une simple présence de représentation, mais un élément clé de la sécurité alimentaire et de la coopération industrielle entre les deux rives du bassin. Cet événement, qui s'est imposé comme le principal centre européen de l'aquaculture et de la pêche durable, voit cette année Tunis piloter une stratégie de « proximité productive » visant à intégrer l'expertise technologique italienne à l'immense potentiel naturel de la côte nord-africaine. Pour les entreprises tunisiennes, participer à AquaFarm représente une opportunité unique de modernisation technologique. Le pays, qui a connu une croissance exponentielle de sa production halieutique ces dernières années, ambitionne désormais une « seconde phase » de développement : passer de la quantité à la qualité certifiée. Les producteurs tunisiens de daurade, de bar et de thon rouge s'intéressent de près aux innovations italiennes en matière de capteurs IoT pour la surveillance de l'eau et l'alimentation automatisée. L’objectif est, d’une part, de réduire l’impact environnemental des sites d’élevage et, d’autre part, d’assurer une traçabilité complète des produits, condition essentielle pour consolider les exportations vers les marchés de l’Union européenne, où l’Italie demeure le principal partenaire commercial.
La Tunisie arrive à Pordenone avec des données structurelles solides témoignant d'une croissance manifeste. Avec plus de 1 300 kilomètres de côtes et une flotte d'environ 13 000 navires, la pêche et l'aquaculture contribuent à plus de 10 % du produit intérieur brut (PIB) agricole national. Selon les données du ministère tunisien de l'Agriculture, la production aquacole a dépassé les 25 000 tonnes par an, et une expansion supplémentaire est prévue grâce à de nouveaux sites offshore autorisés par le gouvernement tunisien. Cependant, le véritable défi que les entreprises tunisiennes apportent à AquaFarm concerne la durabilité. La gestion des ressources halieutiques est devenue une priorité nationale pour lutter contre les effets du changement climatique et du réchauffement planétaire. Dans ce contexte, le projet AlgaeFarm attire l'attention des start-ups tunisiennes : la culture de microalgues et de spiruline est perçue comme une nouvelle frontière pour la production d'aliments biologiques et de compléments nutraceutiques, secteurs dans lesquels la Tunisie bénéficie de conditions climatiques idéales (rayonnement solaire et températures) pour une production à faible consommation d'énergie.
Si AquaFarm est une vitrine pour Tunis, la Tunisie représente un marché prioritaire pour l'exportation de biens d'équipement des entreprises italiennes. Selon les opérateurs tunisiens, le potentiel est considérable pour les fournisseurs italiens de machines de transformation du poisson, de systèmes de surgélation rapide et d'emballages éco-responsables. La Tunisie investit massivement pour accroître la valeur ajoutée des prises locales, passant de la simple exportation de matières premières à la vente de produits transformés et prêts à consommer. Par ailleurs, la gestion des espèces exotiques envahissantes, comme le crabe bleu qui a envahi les côtes tunisiennes avant d'atteindre l'Adriatique, est devenue un axe de coopération scientifique et industrielle. Forte de sa vaste expérience dans la transformation de ce crustacé à des fins culinaires et industrielles, l'Italie peut proposer des modèles économiques éprouvés, transformant un problème écologique en une ressource économique partagée.
Comme en témoigne la participation des universités et des associations industrielles, il ne s'agit plus seulement de commerce, mais de créer une chaîne d'approvisionnement trans-méditerranéenne capable de rivaliser avec les géants d'Asie du Sud-Est et d'Europe du Nord. Dans ce contexte, l'Italie joue un rôle de catalyseur pour l'innovation, tandis que la Tunisie ambitionne de devenir un pôle d'excellence pour la production d'une alimentation méditerranéenne toujours plus durable, sûre et technologiquement avancée. Une attention particulière est portée à la protection des écosystèmes marins. Depuis 2021, avec le lancement d'AlgaeFarm, le projet s'est étendu à l'algoculture, c'est-à-dire la culture, la transformation et l'utilisation des algues et des microalgues, un secteur en pleine expansion grâce à ses applications dans les industries agroalimentaire, nutraceutique et énergétique.
source: agenzianova.com